Histoires d'entrepreneurs · Jeudi 25 août 2016

The FoodRoom: cuisine collaborative pour artisans culinaires

L’histoire d’Amélie Morency

À 24 ans, Amélie Morency veut transformer l’industrie de la restauration en offrant un tremplin aux jeunes qui souhaitent se lancer en affaires. C’est pourquoi elle a fondé The FoodRoom: une cuisine collaborative qui met en commun des ressources et réunit des cuisiniers autour d’une même passion.

«J’ai toujours eu la bosse des affaires», lance Amélie Morency. Au primaire, elle met sur pied un comité environnemental et demande à la direction d’utiliser l’infolettre officielle pour faire la promotion de ses initiatives vertes. Elle tond également des pelouses et organise des ventes-débarras pour se faire de l’argent de poche.

Jeune adulte, elle continue de nourrir sa fibre entrepreneuriale. En 2011, elle crée son service de traiteur, pendant qu’elle étudie la cuisine à l’Institut de tourisme et d’hôtellerie. Les soirs et les fins de semaines, elle loue une cuisine pour préparer des petits plats pour différents clients. Mais certains événements malheureux font  qu’Amélie se retrouve sans fourneaux. Il s’agit d’un moment décisif pour la jeune femme qui réalise qu’une cuisine collective répondrait à son besoin et à celui de plusieurs artisans québécois qui n’ont pas les moyens financiers de se doter d’infrastructures professionnelles.

Le concept de FoodRoom naît alors en elle. Amélie imagine un vaste endroit où des chefs pourraient mettre la main à la pâte en échange d’un forfait mensuel. Son but? Créer une communauté autour des arts de la table en offrant différents services utiles au démarrage d’entreprise. Amélie part alors à la recherche du local parfait pour héberger sa cuisine de location tout équipée.

Elle participe à des activités de réseautage presque tous les soirs où elle fait part de son idée, récoltant les conseils d’entrepreneurs plus aguerris. Lorsqu’elle joint le Founder Institute, au printemps 2015, les contours de son projet se définissent. Elle monte un plan d’affaires et part à la recherche de financement. Les gens qui la côtoient dans le cadre de cet incubateur ressentent sa passion et sont témoins de son éthique de travail. «J’arrive toujours préparée. Si je demande à quelqu’un de m’aider, je dois faire ma part.»

Consultez aussi : Incubateurs québécois: accompagner pour mieux créer

Comment réussir son pitch

Amélie a reçu une vague d’attention médiatique après son passage à l’émission Dans l’œil du dragon, en avril 2016. Sa présentation était bien ficelée et visiblement efficace. Quel est le secret d’un bon pitch selon cette jeune femme qui avait, jusqu’à tout récemment, peur de parler en public? Avant le jour J, les employés d’Amélie ne la voient pas. Elle s’enferme pour répéter et s’assurer de tout connaître sur le bout de ses doigts.

« Si tu sais de quoi tu parles, personne ne peut le remettre en doute. Alors, s’il te manque une réponse, trouve-la.»

Une cuisine à louer

Depuis le lancement de FoodRoom, le 15 août 2016, les membres peuvent maintenant utiliser l’espace de 7500 pieds carrés pour cuisiner à leur guise. Des salles de conférences seront bientôt mises à la disposition des entrepreneurs en plus d’un service juridique et de forfaits d’assurances. Amélie veut élargir son offre de services pour permettre à ses membres de profiter d’un réseau. «C’est un peu comme un tout-inclus pour les entrepreneurs de la restauration», dit-elle en riant.

En parallèle, elle développe également une application pour gérer efficacement les plages allouées aux locataires et éviter un achalandage trop élevé dans les locaux.

«Je cherche à changer la perspective de l’industrie, à créer une communauté autour de l’alimentation et à aider les gens à démarrer leur entreprise», explique la jeune femme qui n’a pas l’intention de s’arrêter au marché montréalais. Quelques semaines après le lancement officiel du premier espace de FoodRoom, elle vise déjà à exploiter d’autres marchés, notamment Toronto et des villes aux États-Unis. Et si parfois elle aimerait que les choses déboulent plus vite, elle est fière du chemin accompli et attend les prochains défis avec impatience. 

The FoodRoom en chiffres (Août 2016)

  • 200 000: les ventes en dollars canadiens
  • 8: employés
  • 7: investisseurs, dont 4 dragons et 3 autres investisseurs privés

Envie d’en savoir plus?

Visitez le site Web de FoodRoom.


je passe à l'action

À NE PAS MANQUER