Histoires d'entrepreneurs · Jeudi 12 mai 2016

Bertrand Nepveu de Vrvana: la passion comme moteur

L’histoire de Bertrand Nepveu

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Quand le vent a enfin tourné pour Bertrand Nepveu et son casque de réalité virtuelle (RV), il s’échinait sur le projet depuis 9 ans… Portrait d’un « technopreneur » passionné qui a foi en ses idées.

Printemps 2014. Bertrand Nepveu doit prendre une importante décision. Totem, le casque de réalité virtuelle qu’il développe depuis près de 9 ans, n’est pas entièrement au point, mais une belle occasion se présente pour son projet.

Facebook vient en effet de racheter l’entreprise Oculus VR pour 2 milliards de dollars, envoyant le signal fort que la réalité virtuelle s’en vient à grands pas pour le consommateur moyen.

Bertrand Nepveu n’a pas à rougir de son produit. Totem, qui se distingue par le jeu de caméras synchronisées à l’avant du casque, permet une expérience de réalité augmentée « vraiment immersive », explique l’entrepreneur. Pour lui, c’est donc le moment ou jamais. Le président de Vrvana lance une nouvelle ronde de financement. Avec succès : il obtient 750 000 $ de la société de capital de risque Real Ventures. Un financement bonifié de 181 000 $ sur Kickstarter. 

Vrvana fait maintenant partie du peloton de tête. Bertrand Nepveu espère imposer sa technologie dans le marché en pleine ébullition du « VR/AR ». Pour comprendre l’ampleur de l’enjeu, on n’a qu’à penser à la lutte entre le format vidéo VHS et Beta, à une autre époque...

Petite histoire d’un marathon qui prend soudain l’allure d’une course à l’innovation.

Graine d'entrepreneur

Tout jeune, Bertrand Nepveu savait déjà ce qu’il voulait faire dans la vie : « Il y en a qui veulent devenir joueur de hockey, médecin… Moi, je voulais devenir entrepreneur, dit-il. Je voulais créer quelque chose. »

Il prend donc le chemin du génie informatique, à l’université de Sherbrooke. Un bon choix pour ce mordu de jeux vidéo et de gadgets en tout genre, qui se décrit lui-même comme un hardcore gamer

Une tête techno, mais pas nécessairement un geek. « J’ai toujours été un peu marginal dans mon domaine. Je suis extraverti et sociable : plus jeune, j’étais celui qui organisait les partys de la Saint-Jean ! »

Après ses études, il travaille trois ans dans une boîte informatique, mais il fait rapidement le tour du jardin. Puis, il a cette idée qui lui trotte dans la tête : celle de créer un casque de réalité virtuelle réellement immersif.

Une idée qui fait son chemin

Bertrand Nepveu a toujours été intéressé par l’expérience d’immersion que représente la réalité virtuelle. Il y goûte une première fois en 1989 à la sortie du Power Glove, de Nintendo.

Mais c’est avec la venue de la console de jeu xBox 360, en 2005, qu’il se rend compte que la technologie est enfin en mesure d’offrir une expérience de RV satisfaisante pour le consommateur.

Il y voit une occasion : « Il n’y a personne qui répondait encore à ce besoin-là… » Un besoin qu’il ressent lui-même comme gamer, mais qui va bien au-delà du jeu vidéo, avec des applications en médecine, en architecture et autres.

Bertrand Nepveu démarre son entreprise en 2005 : Vrvana. À partir de « love money », dit-il franchement. Il fonce tête baissée dans le projet, avec deux employés à temps partiel. Il développe une plateforme, fait des tests, crée un prototype à partir d’une imprimante 3D.

Le recours à des caméras pour composer la réalité augmentée semble prometteur, car plus immersif que les lentilles utilisées par les compétiteurs.

Parallèlement à cela, l’entrepreneur part sur la route pour vendre son idée. Sans grand succès. « C’est difficile de lever du capital de risque au Canada, explique-t-il. Les investisseurs ont une aversion pour le risque… » 

Puis, le vent tourne avec l’annonce de Facebook.

Le futur, c’est maintenant

Si Facebook s’intéresse à la réalité virtuelle, c’est parce qu’elle y voit un potentiel pour sa propre plateforme. Mais la technologie d’Oculus VR ne fait pas l’unanimité. Il y a place à l’amélioration, croit Bertrand Nepveu. 

Puis, le téléphone se met à sonner. Le président de Vrvana reçoit des appels d’investisseurs qui lui avaient dit non quelques mois plus tôt. Il y a maintenant un buzz autour de la réalité virtuelle. Bertrand Nepveu décide par conséquent de devancer le lancement de son casque Totem.

Il aura besoin de capital pour financer la production. Il convainc Real Ventures d’investir. Il lance une campagne Kickstarter. Le temps presse. Le marathon s’est transformé en course effrénée. C’est à qui s’imposera comme référence en RV.

Les gros joueurs de l’industrie du divertissement tendent l’oreille. Bertrand Nepveu présente désormais son produit devant des présidents de multinationales. « C’est grisant comme expérience », avoue-t-il

La passion comme moteur

C’est aussi très gratifiant, ajoute-t-il. « Quand on voit le plaisir et l’étonnement des gens qui utilisent le casque, on se dit que ça vaut la peine d’avoir investi autant d’efforts dans le projet. »

Bertrand Nepveu est un passionné qui ne compte pas ses heures (combien de week-end et de nuits blanches au cours des années ?). C’est aussi un entrepreneur lucide : « Sur 10 startups qui voient le jour, il y a 5 qui échouent, 3 qui ramassent leurs billes et 2 qui décollent et connaissent du succès... »

En attendant de savoir si Vrvana sera l’une de celles qui décollent, Bertrand Nepveu continue de faire avancer son projet avec une passion contagieuse pour la RV.


 

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