Histoires d'entrepreneurs · Mercredi 30 novembre 2016

Bigarade : la fibre entrepreneuriale jusqu’au bout des doigts

L’histoire de Geneviève Lorange

Peu de gens peuvent dire qu’ils ont appris leur métier avant de faire du vélo. C’est le cas de Geneviève Lorange, la designer derrière Bigarade, une boutique-fabrique écoresponsable de fine literie. Portrait d’une entrepreneure qui taille le propre patron de son avenir!

Geneviève Lorange, inspirée par le talent de sa grand-mère, développe dès l’enfance une passion pour les textiles. Elle cherche à réutiliser tous les morceaux de tissu qui lui tombent sous la main. Adulte, elle aménage dans chacun de ses appartements un coin couture. Mais ce ne sera que des années plus tard qu’elle trouvera comment transformer cette passion en gagne-pain et qu’elle créera Bigarade.


Atelier de création textile, Bigarade vend en ligne et dans une boutique ayant pignon sur rue des housses de couette, des draps, des coussins et des accessoires faits à la main à partir de tissus d’antan garantis à vie. Opposée à l’éphémérité de l’industrie de la mode, la mission de l’entreprise consiste à créer des produits durables et respectueux de l’environnement, des animaux et des individus.

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Les défis du démarrage d’entreprise

Après avoir obtenu un diplôme d’études collégiales en design de mode, puis un autre en sciences humaines, Geneviève Lorange se tourne vers le design industriel. C’est ainsi qu’elle revisite un concept auquel sa grand-mère l’avait déjà initiée : la pérennité des objets.

Avec son baccalauréat en poche, Geneviève Lorange commence à travailler pour la Ville de Montréal en tant que designer de mobilier urbain. Elle aime son emploi et ses collègues, mais il lui manque un petit quelque chose. « Je n’avais pas le désir profond d’être entrepreneure. Je ne trouvais tout simplement pas ma place dans mes emplois. L’esprit d’initiative que j’avais et les projets que je proposais ne correspondaient pas à ce qu’on attendait de moi. Ça me faisait rager, bouillir en dedans. »

En 2010, Geneviève Lorange suit un cours en entrepreneuriat à Compagnie F, où elle doit présenter une première idée d’affaires. Elle s’empare instinctivement de ses ciseaux et renoue avec sa machine à coudre pour confectionner un coussin fait de matières recyclées. « Je n’ai jamais fait quelque chose d’aussi laid que ce coussin-là! », s’esclaffe la jeune entrepreneure qui goûtait pour la première fois aux plaisirs d’entreprendre.

Quelques jours plus tard, elle reçoit un appel pour un contrat de design. Puis un autre. De fil en aiguille, les contrats se succèdent et son statut de travailleur autonome prend rapidement l’allure d’une boîte spécialisée en design du nom de Lorange. Elle se sent enfin dans son élément.

Cinq ans plus tard, l’entrepreneure apprend à la dure les risques du métier et se voit obligée de renvoyer ses employés un mois avant Noël. Geneviève Lorange ne se décourage pas pour autant. « C’est quand ça va mal que je catalyse mes ambitions! », explique-t-elle. Peu de temps après, la designer s’investit dans le développement d’une application mobile qui jouerait le rôle d’un designer d’intérieur virtuel. Mais son manque de connaissances en développement la rend dépendante de ressources externes qui représentent des coûts supplémentaires. L’entrepreneure se rend à l’évidence, elle doit fermer après un an de planification.

« Lâcher prise est extrêmement difficile. Tu veux tellement que ça fonctionne pour éviter que tout le temps et l’argent que tu as investis soient perdus! »

Quelles étaient ses erreurs pour en arriver là? Elle tente de trouver des réponses en posant plus de questions. « Quel genre de projet pourrais-je réaliser avec des moyens limités et une disponibilité limitée, qui me passionnerait et qui refléterait les valeurs profondes qui m’animent? »

Parallèlement, Geneviève Lorange apprend que son nouveau voisin possède une quantité impressionnante de fins de rouleaux de tissu qu’il peut lui vendre à bon prix. Elle joint l’utile à l’agréable et se remet à son passe-temps, qu’elle transformera à la longue en occasion d’affaires. Elle met sur pied un site Web.

La plateforme est lancée au mois d’août 2015 et la vente en ligne de son premier coussin est presque simultanée. Quelques mois plus tard, elle loue un grand local commercial sur la rue Sainte-Catherine Est. Bigarade prend forme, alors faire marche arrière n’est plus une option. La boutique ouvre ses portes en avril 2016.


Pour cette entrepreneure, l’important est de créer le bon produit au bon prix et pour la bonne clientèle. Pour ce faire, elle sonde l’opinion de sa clientèle dans les réseaux sociaux et elle conçoit ses produits en conséquence. Elle s’assure ainsi de l’engouement pour certains types de produits et ajoute un facteur de rareté en produisant des collections en quantité limitée seulement. Elle met au point une offre de conception sur mesure, puis explore des façons de faire exploser son offre de services en proposant des ateliers de fabrication et un espace café ouverts au public.

Bigarade n’a pas encore un an et demi d’existence, mais sa fondatrice ne manque certainement pas de vision. « J’aimerais créer des produits qui n’ont aucun impact environnemental, puis impulser un mouvement pour inspirer d’autres gens à faire de même. 
 

Bigarade en chiffres

  • 2015 : année de fondation de Bigarade
  • 3 : nombre d’employés
  • 6 : longueur de tissu (en mètres) pour faire une housse de couette

Envie d’en savoir plus?

Consultez le site Web de Bigarade.


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