Histoires d'entrepreneurs · Jeudi 15 juin 2017

BonApp: une start-up pour freiner le gaspillage alimentaire

L’histoire de Geneviève Rousseau

Alarmée par l’ampleur du gaspillage alimentaire ainsi que par ses conséquences sur la planète, Geneviève Rousseau imagine, le temps d’un concours, un projet pour contrer le phénomène. Près de deux ans plus tard, son concept BonApp s’est transformé en une initiative concrète déployée un peu partout à Montréal.

Ce qui ne devait être qu’une parenthèse s’est finalement transformé en aventure entrepreneuriale. En mars 2015, Geneviève Rousseau relève le défi que lui lance une amie et s’inscrit au Startup Weekend organisé par la Société des relations d’affaires de HEC Montréal sur le thème de la ville intelligente. Au terme d’un marathon de 54 heures, elle et ses six coéquipiers se voient attribuer le prix coup de cœur de la compétition pour leur projet Tribe, l’ancêtre de BonApp.

Au centre de ce concept encore embryonnaire, il y a la volonté d’établir des liens entre les gens pour leur permettre de partager leur nourriture au lieu de la jeter. « Nous jetons aux poubelles l’équivalent de 31 milliards de dollars de nourriture par année, fait remarquer Geneviève Rousseau, aujourd’hui âgée de 23 ans. Collectivement, en tant que consommateurs, nous sommes responsables de 47 % du gaspillage alimentaire, ce qui fait de nous les principaux acteurs de changement. Si nous représentons la moitié du problème, pourquoi ne pas apporter la moitié de la solution? »

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Premiers frigos

Encouragés par leur succès inattendu, Geneviève Rousseau et un programmeur de son équipe poursuivent le projet. En septembre 2015, une agence leur propose de servir d’incubateur pour leur entreprise en démarrage. Grâce à cette association d’une année est née la marque de BonApp. La mission de celle-ci est de mettre à la disposition des citoyens un réseau de frigos pour leur permettre d’échanger gratuitement leurs surplus de fruits et légumes encore bons, de produits laitiers et de produits en emballages scellés (excepté les viandes et les produits cuisinés).

Pour financer les premiers réfrigérateurs BonApp, Geneviève Rousseau fait appel à la générosité du public et met sur pied une campagne de sociofinancement au cours de l’été 2016. En deux mois, elle récolte la somme nécessaire à l’achat et à l’installation de cinq frigos. Le choix des lieux pour les installer, comme le café zéro déchet Le 5ième, n’est pas fortuit.

« Contrairement à d’autres concepts de frigos communautaires, nous avons privilégié des lieux sécurisés et surveillés pour des questions de confiance et placé nos frigos à l’intérieur de ces endroits. Aussi, il était important que nos partenaires partagent les valeurs de BonApp. »

— Geneviève Rousseau

La réponse est positive depuis l’installation du premier frigo, le 25 octobre 2016. « Nos partenaires adhèrent avec enthousiasme au concept. Avec le peu d’efforts de communication et de marketing que nous avons déployés, nous considérons l’expérience comme très concluante. »

L’importance d’établir un modèle d’affaires fort

Dans les prochains mois, Geneviève Rousseau ralentira la cadence afin de mieux étudier la réponse des citoyens à BonApp. Est-ce qu’ils utilisent les frigos? Comment pourrait-on améliorer leur expérience? De cette « phase pilote », elle espère tirer des enseignements utiles qui lui permettront de faire évoluer le projet vers le un niveau supérieur. « On veut s’assurer de sa pertinence. Loin de nous l’idée d’installer des frigos pour le plaisir d’installer des frigos », explique la jeune entrepreneure sociale, selon laquelle la sensibilisation des consommateurs au gaspillage alimentaire doit également se poursuivre.

Geneviève Rousseau s’inquiète aussi de la viabilité financière de BonApp. « Au départ, nous avons choisi de financer nous-mêmes l’initiative en attendant de voir la réponse qu’elle recevrait — c’est à ce stade que nous en sommes aujourd’hui. Avec le recul, je me rends toutefois compte que c’était une erreur de me lancer dans ce projet sans plan d’affaires solide », constate-t-elle.

Doit-on appréhender une fin? « Pas du tout! Nous sommes convaincus que d’ici quelques années, le partage de nourriture s’ancrera pour de bon dans nos habitudes. Autrement dit, BonApp gagnera en pertinence avec le temps. Pas question d’abandonner! »

BonApp en chiffres

2 : le nombre d’employés

5 : le nombre de stagiaires depuis les débuts

5 : le nombre de frigos installés par BonApp à Montréal

Envie d’en savoir plus?

Visitez le site Web de BonApp



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