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Indice entrepreneurial québécois 2018, 10 ans de données sur le dynamisme entrepreneurial de la province

Indice entrepreneurial québécois 2018

10 ans de données sur le dynamisme entrepreneurial de la province

L’Indice entrepreneurial québécois 2018, une étude menée par le Réseau M de la Fondation de l’entrepreneurship, dresse un bilan révélateur de l’évolution de l’entrepreneuriat au Québec. Tour d’horizon en quatre points.

Menée pour la première fois en 2009, l’étude annuelle révèle que le taux d’intention entrepreneuriale a bondi de 12,5 % et que celui du démarchage a augmenté de 6,2 % en 10 ans.

L’AUGMENTATION DE L’intention entrepreneuriale CHEZ LES FEMMES

Pour la sixième année consécutive, le taux d’intention entrepreneuriale a augmenté chez les femmes et s’élève à 17,1 %. Quoique les hommes soient toujours plus nombreux à manifester leur volonté de se lancer dans les affaires, l’écart entre les sexes s’amenuise : il est passé de 10,4 points de pourcentage en 2014 à 4,8 points de pourcentage en 2018.

« Il faut savoir que le taux d’intention entrepreneuriale chez les femmes au Québec est supérieur à ceux constatés dans des pays similaires dont il se démarque avantageusement », précise Rina Marchand, directrice principale, Contenus et innovation pour le Réseau M de la Fondation de l’entrepreneurship. Selon elle, ces hauts taux recensés chez les femmes entrepreneures québécoises sont très encourageants pour l’avenir et démontrent que les efforts déployés sur le terrain ont porté leurs fruits. C’est également, selon elle, en partie attribuable à une mobilisation dans le milieu des affaires en général et à l’émergence d’initiatives ciblées pour assurer le dynamisme et la parité.

UNE légère baisse globale de l’intention et de la démarche

Si les données de 2018 font état d’une hausse de 12,5 % pour le taux d’intention entrepreneuriale et de 6,2 % pour le passage à l’acte depuis 10 ans, on observe un certain fléchissement depuis deux ans pour ces deux variables, qui s’élevaient respectivement à 14 % et à 6,6 % en 2017. Cette légère baisse serait attribuable au marché dynamique de l’emploi, qui attire certains indécis selon Rina Marchand. « Dans un marché de l’emploi très fort, nous ne croyons pas que cette baisse nuise à un entrepreneuriat solide. »

LES quatre segments de population à surveiller

En examinant les taux d’intention et du passage à l’acte depuis 2009, on voit que quatre groupes se démarquent et sont à surveiller. Grâce à leur fort potentiel, ils pourraient contribuer de façon importante à la vigueur de la chaîne entrepreneuriale. Il s’agit des femmes, des immigrants, des jeunes et des personnes de la génération X.

Chez les femmes, le taux d’intention entrepreneuriale a augmenté, tout comme le total de femmes propriétaires d’entreprise : celles-ci représentent désormais 41 % des propriétaires d’entreprise (contre 40 % en 2017).

Consultez aussi : Indice entrepreneurial québécois 2017

Chez les immigrants, le taux d’intention entrepreneuriale affiche une croissance vigoureuse puisqu’il est en hausse de 7,5 % depuis trois ans. « Nous n’avons jamais observé autant d’efforts pour soutenir l’entrepreneuriat chez les immigrants, affirme Rina Marchand, et c’est tant mieux parce que c’est un groupe qui a énormément de potentiel. Ce segment, qui est très dynamique sur le plan de l’intention d’entreprendre, ne présente cependant pas un taux équivalent de propriétaires. C’est là qu’on devrait leur offrir du soutien. »

Du côté de la génération Y, les initiatives déployées semblent avoir donné des résultats, puisque 43 % des jeunes qui ont lancé leur projet ont entrepris leurs démarches il y a moins d’un an (comparativement à 33 % pour les autres groupes). Ce segment, « naturel » selon Rina Marchand, contribue encore beaucoup à l’effervescence observée dans le milieu entrepreneurial.

Un groupe souvent moins scruté, soit celui des entrepreneurs de 35 à 49 ans, se révèle très important selon l’Indice 2018. En effet, son taux d’intention entrepreneuriale a quasiment triplé depuis six ans, passant de 9 % en 2012 à 26 % en 2018. « Les entrepreneurs de la génération X passent souvent sous le radar, souligne Rina Marchand, et pourtant, ils représentent environ un tiers des propriétaires d’entreprise. Quand ils se lancent, ils possèdent beaucoup plus d’expérience, un plus grand réseau, des moyens plus importants. Collectivement, nous n’avons encore jamais connu une vie active aussi longue. Donc, le démarrage d’une entreprise par des personnes qui se situent dans cette tranche d’âge témoigne d’une belle période d’activité et de leur capacité de mener à terme un projet voué à la croissance. »

 

Les études universitaires, un tremplin POUR l’entrepreneuriat

De 2014 à 2018, le taux d’intention entrepreneuriale des diplômés universitaires est passé de 20 % à 28 %, une augmentation qui s’observe également pour le passage à l’acte. Comme l’explique Rina Marchand, cette évolution est possiblement attribuable à la multiplication des initiatives déployées en milieu universitaire.

« L’université est devenue un endroit où on peut réseauter et même expérimenter l’entrepreneuriat. Les établissements ont su développer chez les étudiants entrepreneurs une pensée orientée vers l’innovation et l’international. Même le parcours collégial est aujourd’hui de plus en plus teinté par l’entrepreneuriat. Tout cela crée un bassin d’entrepreneurs assez précieux. »

Comme le note le Réseau M de la Fondation de l’entrepreneurship, il est intéressant de constater que, sur une période de 10 ans, le Québec entrepreneurial s’est enrichi de connaissances précieuses et qu’il profite d’un élan évident.

POUR EN SAVOIR PLUS :

Consultez le rapport complet du Réseau M de la Fondation de l’entrepreneurship

L’Indice 2018 est présenté par la Caisse de dépôt et placement du Québec, et réalisé en partenariat avec l’Institut d’entrepreneuriat Banque Nationale│ HEC Montréal (IEBN) et Léger.

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