Voir plus loin · Vendredi 27 novembre 2015

Quand la peinture sort du cadre

Voir plus loin

Avec l’avènement des imprimantes 3D, l’expérience d’une visite au musée pourrait s’offrir aux personnes atteintes d’une déficience visuelle. C’est le pari tenu par le musée du Prado à Madrid : bientôt, vous pourrez dire que vous avez touché les œuvres des grands maîtres.

Beaucoup voient dans l’impression tridimensionnelle le signe d’une nouvelle révolution industrielle. Sa simplicité d’utilisation est son principal atout.

Pour arriver à fabriquer un objet, l’imprimante 3D découpe en tranches la forme de cet objet, puis dépose et empile l’une sur l’autre chacune de ces tranches jusqu’à former un véritable volume tangible en trois dimensions. La matière utilisée pour l’impression 3D peut varier. On utilise principalement différentes formes de plastique ou de métal liquide.

Actuellement, ses applications sont nombreuses, notamment dans les domaines de la médecine et de l’industrie aéronautique. Ce principe de l’impression 3D devrait également venir bouleverser le milieu de l’art et de la culture. Du jamais vu.

L’impression 3D pour voir avec les mains

À l’heure actuelle, il est impensable de mettre ses mains sur une toile inestimable dans un musée. À l’été 2015, le musée du Prado dans la capitale espagnole a organisé une exposition inhabituelle. Pendant six mois, la célèbre institution a offert une expérience muséale sans précédent grâce à Hoy Toca el Prado (« Aujourd’hui, touchez le Prado »), qui présentait des reproductions d’œuvres en 3D.

Toucher afin de voir

Chaque toile est imprimée à partir d’un procédé novateur nommé Didú. On donne d’abord du volume aux éléments initialement plats (jusqu’à six millimètres de hauteur). Ensuite, on imprime sur ceux-ci l’image réelle avec les couleurs d’origine, car de nombreuses personnes avec une déficience visuelle peuvent tout de même percevoir la couleur.

Lors de l’exposition, il était également possible pour les visiteurs voyants d’enfiler un masque pour apprécier les œuvres avec ses mains. Le Prado a pendant six mois rendu entièrement accessibles certains de ses chefs-d’œuvre, grâce à une visite qui pouvait être vue et ressentie par tous.

ENVIE D'EN SAVOIR PLUS? 

Regardez la présentation de Didú (en espagnol, avec sous-titres en anglais)

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