Histoires d'entrepreneurs · Vendredi 5 mai 2017

Chic Marie : le commerce de détail nouveau genre

L’histoire de Marie-Philip Simard

Marie-Philip Simard a travaillé dans un grand cabinet d’avocats montréalais avant de renoncer à sa carrière lucrative en droit pour fonder son entreprise à partir d’un constat : les tenues pour jeunes professionnelles comme elles coûtent cher. Elle a donc lancé Chic Marie en janvier 2015, un service de location de vêtements griffés. 

Chaque mois, les abonnées peuvent recevoir jusqu’à trois boîtes contenant chacune trois vêtements qu’elles ont sélectionnés en ligne. Une fois les habits portés, elles n’ont qu’à retourner leurs boîtes par la poste. Les morceaux ont été conçus par des designers québécois ainsi que par des créateurs américains et européens. 

« Je me suis lancée sans me poser beaucoup de questions, raconte Marie-Philip Simard. Les gens autour de moi étaient surpris de me voir quitter mon emploi d’avocate, mais je me sentais à l’étroit en tant qu’employée. Je préfère être mon propre patron. »

Marie-Philip Simard

Airbnb et Communauto ayant ouvert la voie de l’économie collaborative, le moment était propice à l’exploitation du créneau de la location de vêtements. « Cela n’embête pas la milléniaux de partager du linge », souligne l’entrepreneure. 

Pourtant, à ses débuts, Chic Marie n’a pas connu une ascension aussi rapide que l’aurait souhaité sa fondatrice. Peu avant le premier anniversaire de son entreprise, Marie-Philip Simard a décroché son téléphone pour appeler 500 clientes afin de savoir comment améliorer la qualité de son service. À la suite de cette consultation, elle a décidé de baisser de 40 $ le prix du forfait mensuel et de modifier la sélection des vêtements offerts pour mieux répondre aux attentes des jeunes femmes et élargir son offre. « On avait trop de vêtements d’allure professionnelle, alors que les gens s’habillent de manière de plus en plus décontractée pour aller travailler », constate-t-elle.

Un changement de cap pour Chic Marie

L’abandon des tailleurs a rapidement porté ses fruits puisque Chic Marie a enregistré une croissance moyenne de 30 % dans la dernière année. Aujourd’hui, la jeune entreprise emploie 10 personnes et vient d’ajouter à son service de location une centaine d’accessoires, allant des bijoux aux écharpes en passant par les chapeaux et les lunettes de soleil. 

Pour répondre au souhait exprimé par les clientes, des vêtements de maternité et de grande taille pourraient prochainement se glisser dans les boîtes estampillées Chic Marie. 

L’automne prochain, l’entreprise partira à la conquête du marché américain. Un entrepôt sera ouvert dans le New Hampshire ou dans le New Jersey pour desservir six villes : New York, Boston, Chicago, Cleveland, Philadelphie et Pittsburgh. Quant au nombre de designers représentés, il passera de 40 à 120 afin d’enrichir la collection de vêtements disponibles. 

Un robot-styliste grâce à l’intelligence artificielle

Pour réussir ce pari, Marie-Philip Simard compte sur l’originalité de son concept, qui est sans équivalent chez nos voisins du Sud, mais aussi sur l’intelligence artificielle (IA). Chic Marie collabore présentement avec l’Université Concordia et le Conseil national de recherches Canada pour incorporer l’IA à son service en ligne au moyen d’un robot-styliste. 


Consultez aussi : Préparer son entreprise à l'intelligence artificielle

L’entreprise vise à mieux connaître la personnalité et les goûts de ses clientes, en analysant leurs choix précédents ainsi que leur activité dans les réseaux sociaux, afin de leur envoyer une boîte-surprise qui saura leur plaire. « Certaines d’entre elles sont très occupées et n’ont pas le temps d’aller sur notre site Internet pour faire leur sélection, explique Marie-Philip Simard. Grâce à l’IA, nous pourrons aussi aider les femmes à sortir de leur cadre habituel, comme le ferait une styliste. » 

Plus les rétroactions des clientes sur les vêtements proposés grâce à l’IA seront nombreuses, plus cette technologie pourra être perfectionnée. À terme, elle devrait pouvoir cerner 80 % des attentes des clientes après la création de trois boîtes seulement. 

Même si la phase de test de cet outil n’est pas encore terminée, Marie-Philip Simard pense déjà à aller plus loin. « Montréal devient un véritable chef de file en matière d’IA, dit-elle. Les ressources qui permettraient de l’appliquer au commerce de détail existent, mais pour le moment, cette technologie est encore peu exploitée. »

Chic Marie en chiffres

  • 92 : le taux (en pourcentage) de rétention des abonnées
  • Entre 70 et 100 : le nombre de boîtes envoyées chaque jour en moyenne
  • 500 000 : la valeur en dollars canadiens des stocks de vêtements et d’accessoires 

Envie d’en savoir plus? 

Visitez le site Web de Chic Marie

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