Voir plus loin · Lundi 15 février 2016

Nanodrones : une révolution en vol

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Sensation du moment, l’industrie des drones amorce un tournant décisif en s’orientant vers la miniaturisation des modèles. L’utilité de ces drones insectes dépasse le simple cadre ludique. Des applications médicales ou agricoles sont désormais envisagées.

Dès 2006, de nombreuses publications scientifiques telles que Wired anticipaient l’avènement des nanotechnologies comme la prochaine grande révolution dans l’industrie des drones. Ce qui s’écrivait à l’époque comme un scénario de science-fiction est aujourd’hui une réalité.

Les nanodrones sont aujourd’hui au cœur des efforts de recherche et développement. En pleine expansion, le marché des drones devrait représenter une industrie de 12,3 milliards de dollars canadiens d’ici 2020.

Dans la province québécoise, les drones miniatures sont surtout utilisés dans le domaine agricole afin de visualiser et porter des diagnostiques sur l’état des cultures et des récoltes. Une autre application importante est développée dans le secteur géomatique afin d’intégrer les données géographiques.

Au Québec, il est aujourd’hui possible d’apprendre à piloter ces objets volants. Néanmoins, le survol des villes québécoises par des appareils aériens non habités reste interdit à moins d’une autorisation de Transports Canada. Entre 2011 et 2014, le nombre de certificats d’opérations aériennes spécialisées délivrés a été multiplié par six, passant de 155 à plus de 1 000, drones et nanodrones confondus.

Des microdrones pour le plaisir du grand public

S’inspirant du vol des mouches et fondés sur l’étude comportementale des insectes, les nanodrones ont également séduit l’industrie du jouet. Morrison Innovations a lancé une campagne de financement participatif sur la plateforme Indiegogo qui a déjà recueilli 42 200 $ US pour l’Axis Nano Drone qui mesure 8,9 cm sur 2,5 cm (3,5 po sur 1 po) et pèse 14 g. Les premiers modèles sont distribués depuis fin avril 2015.

Des nanodrones médicaux

Une orientation des nanodrones devrait trouver des applications dans le milieu médical. Des nanodrones naturels ont été testés sur des souris afin de procéder au traitement de l’athérosclérose, l’une des premières causes de mortalité dans les pays occidentaux. Placée dans une nanoparticule, la protéine Annexine A1 est utilisée pour réparer les artères bouchées. La protéine agit comme un drone qui cible les plaques de cholestérol afin de les réduire et de les éliminer. Ces plaques obstruent les artères et sont responsables de l’infarctus du myocarde ou de l’angine de poitrine.

Une étude parue récemment dans le journal Science Transnational Medicine rapporte qu’une équipe de l’Université de Columbia, associée au Brigham and Women’s Hospital, a entamé avec succès une première série de tests précliniques. « C’est la première fois qu’on utilise des nanoparticules comme technologie ciblée, affirme Omid Farokhzad, professeur à l’école de médecine d’Harvard. La médecine moderne connaît une période extrêmement innovante et l’avenir de la nanomédecine est prometteur. »

Si cette technique n’a été testée que sur des souris, les essais sur l’homme ne devraient pas avoir lieu avant plusieurs années. En outre, l’étude souligne l’intérêt grandissant des médecins pour ce nouvel outil qui permettrait de combattre les maladies cardiovasculaires.

Pour aller plus loin :

Parcourir l’article du Science Transnational Medicine  (anglais seulement)
Découvrir la réglementation de Transports Canada pour les aéronefs sans pilote

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