Histoires d'entrepreneurs

Patrick Morin : échafauder son avenir, L’histoire de Stéphanie Morin

Patrick Morin : échafauder son avenir

L’histoire de Stéphanie Morin

Même si elle est dotée du « bon » nom de famille, Stéphanie Morin a dû faire ses preuves avant d’intégrer la chaîne de quincailleries Patrick Morin. Aujourd’hui, elle est bien en selle pour participer à la croissance soutenue de l’entreprise.

Même si elle n’est âgée que de 35 ans, Stéphanie Morin est la plus âgée des représentants de la troisième génération de la famille Morin, qui est propriétaire de la chaîne de quincailleries Patrick Morin. Cela fait maintenant sept ans qu’elle travaille au sein de l’entreprise fondée par son grand-père paternel en 1960 à Sainte-Marcelline-de-Kildare, dans Lanaudière. « Patrick n’a plus de part dans l’entreprise, même s’il continue régulièrement de faire le tour de nos magasins. À 91 ans, ce n’est pas rien! »

Malgré son nom de famille, Stéphanie Morin n’a bénéficié d’aucun passe-droit lors de son embauche en 2011. Comme sa sœur Marie-Michelle et son cousin Olivier après elle, la jeune mère de famille a dû se plier aux règles strictes qui avaient été mises en place pour les sept représentants et propriétaires issus de la deuxième génération, tous âgés de 54 ans et plus. « À la fin de nos études, nous devons obligatoirement travailler ailleurs pendant deux ans. Puis, lorsqu’un poste se libère, nous devons le postuler et réussir l’entrevue d’embauche », explique la comptable agréée formée à HEC Montréal.

Ce processus décidé par le conseil de famille a plusieurs avantages, dont celui de permettre l’acquisition d’un précieux bagage de connaissances. Le principal, toutefois, est d’éviter l’effet délétère que le nom de famille pourrait avoir sur la crédibilité des candidats. « C’est une question de légitimité et d’équité par rapport à nos futurs collègues et employés. Nous ne volons le poste de personne », souligne Stéphanie Morin. D’autres Morin de la troisième génération sont actuellement engagés dans le processus.

Valeurs communes

Au sein du groupe, Stéphanie Morin s’occupe de l’inventaire annuel et cyclique, du fonctionnement des caisses et de la réception des produits. Elle fait également le pont avec les services administratifs afin que les décisions opérationnelles se traduisent sur le plan financier. Ces tâches très terre-à-terre lui permettent de s’impliquer à plusieurs niveaux de l’entreprise et ainsi d’avoir une vision globale de ce qui s’y passe.

Sa compréhension de l’entreprise s’est avérée un atout indéniable lorsqu’elle a intégré le conseil d’administration de Patrick Morin, qui se compose de son père François ainsi que de ses oncles et tantes. « En tant que membre à part entière du CA, j’ai voix au chapitre des décisions de la chaîne », affirme-t-elle. Malgré les points de vue qui diffèrent parfois, la deuxième génération, formée de baby-boomers, travaille main dans la main avec les milléniaux de la troisième génération de Morin.

 « Au-delà de l’âge, les valeurs qu’on retrouve autour de la table sont partagées par tous. Le respect, le travail d’équipe et la communication sont au rendez-vous. »

— Stéphanie Morin

De fait, le seul membre du CA à ne pas faire partie de la famille des Morin est Daniel Lampron, le directeur général de Patrick Morin. À ce titre, il est chargé de diriger la chaîne selon les orientations décidées par le conseil. En outre, il rend compte des activités du conseil d’exploitation de l’entreprise, lequel est constitué de l’ensemble des chefs de division du groupe. « Daniel est un personnage pivot qui partage nos valeurs », résume Stéphanie Morin. 

Web, recrutement et croissance

Patrick Morin n’échappe pas aux défis que doivent aborder actuellement les commerces de détail, à commencer par le virage numérique. La chaîne de quincailleries l’a amorcé l’année dernière en inaugurant un site Web transactionnel. Désormais, les consommateurs, autoconstructeurs et entrepreneurs en construction peuvent y commander ce dont ils ont besoin avant de passer récupérer le tout en magasin. « Nos clients ont encore l’habitude de se déplacer dans une quincaillerie. Acheter un 2 x 4, ce n’est pas comme magasiner un chandail : tu veux le voir, le sentir, le toucher », lance Stéphanie Morin. Même s’il est encore trop tôt pour les chiffrer avec précision, les ventes en ligne représentent une infime portion du chiffre d’affaires de Patrick Morin. 

Un autre grand défi à relever est celui du recrutement d’une main-d’œuvre peu ou non spécialisée. Dans un contexte de faible taux de chômage, attirer des candidats et conserver des effectifs peut s’avérer difficile, surtout en vue de la saison estivale où les quincailleries grouillent d’activité. Pour y parvenir, la chaîne organise ponctuellement, par exemple, des événements de recrutement en magasin — le dernier a eu lieu à la mi-mars. « Il reste qu’avec l’ouverture de six succursales depuis 2011, nous devons constamment faire face à cette question », avoue Stéphanie Morin. Un centre de rénovation Patrick Morin typique emploie une centaine de personnes. 

Aucune ouverture de nouvelle succursale n’est actuellement prévue, même si les intentions de la chaîne à ce sujet sont claires. « Mon père, qui est responsable du développement des affaires, examine toutes les occasions qui se présentent, et ce, partout au Québec. Ce sont tout de même des projets qui s’échelonnent sur plusieurs années », reconnaît-elle. Il en va de même pour le passage éventuel du flambeau de la deuxième à la troisième génération de Morin. « Aucune date n’est évoquée pour l’instant », se contente de déclarer Stéphanie Morin. 

Patrick Morin en chiffres

  • 1 400 : le nombre d’employés de la chaîne
  • 286 : le chiffre d’affaires en millions de dollars pour l’année 2017
  • 40 000 : la superficie en pieds carrés d’un Centre de rénovation Patrick Morin moyen

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