Histoires d'entrepreneurs · Jeudi 8 octobre 2015

Du dépotoir au réservoir

L'histoire de Vincent Chornet

À la tête d’Enerkem depuis 15 ans, Vincent Chornet a bouleversé le marché de l’énergie en transformant des déchets en biocarburant. Fondée sur un procédé mis au point par le père de l’entrepreneur, Enerkem est devenue un acteur incontournable sur le marché des biotechnologies.

Après des études universitaires à Montréal, Vincent Chornet se destinait à une carrière en gestion financière. Il délaisse les marchés financiers pour se consacrer à l’aventure Enerkem, entreprise qu’il fonde en 2000 avec son père, Esteban Chornet, chercheur émérite en génie chimique et professeur à l’Université de Sherbrooke. Le principe d’Enerkem repose sur la conversion de déchets solides municipaux (DSM) non recyclables en biocarburant et en produits chimiques renouvelables.

Une histoire de famille qui carbure à l’énergie

Déjà pendant ses études, Vincent Chornet s’intéresse aux recherches de son père. Nous sommes au début des années 1990, une période où on assiste aux balbutiements du capital de risque québécois dans l’industrie biotechnologique. Vincent Chornet prend conscience de la portée des recherches de son père : elles sont susceptibles de modifier sensiblement la proportion d’énergie renouvelable sur la planète et de remplacer le carburant fossile. Il est convaincu que cette technologie va changer le monde. Voilà comment Enerkem allie le génie scientifique d’un père à la volonté d’un fils d’entreprendre et de changer les choses.

« Les entrepreneurs ont tous en commun la volonté de défendre une cause. » 

— Vincent Chornet

Enerkem face aux défis de l’exportation du savoir-faire

Vincent Chornet et son équipe décident d’exporter l’excellence d’Enerkem au-delà des frontières de la province. Cette technologie québécoise séduit notamment la ville canadienne d’Edmonton et celle de Rotterdam, aux Pays-Bas. L’entreprise est également présente dans la région de Houston, au Texas.

« Quand on souhaite s’exporter, il faut rester alerte, passer beaucoup de temps à l’extérieur, être observateur et curieux de tout, être à l’écoute de l’autre et sensible à ses valeurs. Celles du commerce, bien sûr, mais celles aussi de la vie quotidienne. Il faut s’immerger entièrement dans la culture de l’autre. »

devenir entrepreneur, une aventure passionnelle

En toute modestie, Vincent Chornet reconnaît s’être trompé. Pour l'entrepreneur, il est important que les jeunes Québécoises et Québécois acceptent la notion d’échec dans leur parcours. L’échec est non seulement acceptable, il est aussi parfois souhaitable. Dans le cadre de ses fonctions, l’entrepreneur a dû composer avec de mauvais choix d’employés et de partenaires d’affaires, avec des projets de départ mal adaptés et des négociations financières ou commerciales menées avec la fougue inexpérimentée de la jeunesse.

« Quand nous sommes plus jeunes, notre insouciance et notre ambition débordent parfois, admet-il. Il faut apprendre à les transformer en une action raisonnée. » 

— Vincent Chornet

Avant tout, entreprendre reste pour Vincent Chornet une affaire de passion. Et d’énergie.

Enerkem en chiffres

  • 200 : le nombre d’employés
  • 300 millions : le montant des investissements
  • 3 : le nombre de pays où Enerkem est présente (Canada [provinces de l’Alberta et du Québec], États-Unis et Pays-Bas)

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Visitez le site web d'Enerkem

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