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Womance : quand l’éphémère devient permanent, L’histoire d’Andréanne Marquis

Womance : quand l’éphémère devient permanent

L’histoire d’Andréanne Marquis

De participante à une émission de téléréalité à femme d’affaires, Andréanne Marquis a suivi un parcours atypique. Pourtant, ce n’est pas sa célébrité qui l’a conduite au succès, mais bien son flair et sa capacité à innover. 

Passionnée par l’univers de la mode, Andréanne Marquis n’a jamais eu envie d’ouvrir sa propre boutique avant de créer Womance, un commerce en ligne qui vend des vêtements et des accessoires. C’est plutôt une série de circonstances qui la pousse vers l’entrepreneuriat en 2015.

« J’avais 10 000 abonnés sur Instagram — ce qui était beaucoup à l’époque, raconte-t-elle, alors des marques me donnaient des vêtements pour que je les porte, mais sans me rémunérer. Il n’y avait pas encore d’influenceurs payés comme aujourd’hui. » Gagnante de l’édition 2012 de l’émission de téléréalité Occupation double, Andréanne Marquis voit là une occasion de lancer sa boutique de mode pour donner de la visibilité à ses vêtements plutôt qu’à d’autres marques. 

À ce moment-là, Andréanne Marquis travaille comme attachée de presse politique. « C’est un domaine où les gens font de longues heures, souligne-t-elle. Je me suis alors demandé : “Vu l’énergie que je mets dans un projet qui n’est pas le mien, qu’est-ce que cela donnerait si je m’investissais autant dans quelque chose qui m’appartenait?” »

Un fan n’est pas un client

Celle qui se dit artiste à 80 % et entrepreneure à 20 % part à la recherche de fournisseurs, découvre l’art de la négociation et apprend le commerce en ligne au fil de divers essais et erreurs.

Même si le nom d’Andréanne Marquis est encore connu du public, il ne suffit pas à faire décoller les ventes au démarrage de l’entreprise. « Dès le début, j’avais de 10 à 15 000 adresses courriel dans mon fichier, se rappelle-t-elle. Pourtant, je n’ai vendu que deux chandails durant la première semaine. Un fan ne se transforme pas forcément en consommateur. »

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Un modèle hybride entre commerce virtuel et boutique physique

Au printemps 2017, Andréanne Marquis déménage le siège social de son entreprise de son sous-sol à des locaux situés à Québec. Les clientes demandent souvent à l’entrepreneure s’il existe un lieu où elles peuvent voir les vêtements avant de les acheter.

Andréanne Marquis et son équipe louent donc un local dans un centre commercial pour une journée afin de présenter les produits de Womance. À leur grande surprise, ce magasin d’un jour connaît un grand succès. « Avoir une boutique à temps plein représentait un trop gros risque financier, explique-t-elle. Avec la boutique éphémère, nous nous sommes dit que nous avions trouvé une bonne formule. »

L’équipe de Womance répète l’expérience en trimballant ses portants et ses boîtes de vêtements à Magog et à Saguenay pour s’y installer le temps d’un week-end. 

Rapidement, la nouvelle parvient aux oreilles d’un responsable de Cominar, un fonds de placement en immobilier qui gère près d’une vingtaine de grands centres commerciaux au Québec, qui contacte Andréanne. « Il était intrigué et nous a dit n’avoir jamais vu des gens louer un local pour une fin de semaine seulement, se remémore-t-elle. Le concept des boutiques éphémères était encore peu connu ici. »

Womance et Cominar forment alors un partenariat, qui mène Andréanne Marquis et ses employés sur les routes du Québec pour tenir, l’espace d’une semaine, des boutiques éphémères dans des centres commerciaux en région. « Chaque premier matin, une centaine de filles attendent devant le magasin », se félicite-t-elle. 

Transformer le magasinage en expérience événementielle

Pour attirer les clientes, l’équipe de Womance ne se contente pas de vendre ses vêtements et ses accessoires. Elle s’associe avec d’autres commerçants du centre commercial pour offrir des sacs-cadeaux.

« L’idée est de créer un événement afin de revitaliser les centres commerciaux et de redonner envie aux jeunes d’y aller. »

Chaque fois, Andréanne Marquis essaie de trouver une nouvelle idée pour donner un côté événementiel à l’ouverture de ses boutiques éphémères. Par exemple, à Montréal, un ami coiffeur est venu bichonner les clientes dans le magasin. Elle a déjà aussi collaboré avec un restaurant pour organiser une soirée-conférence. 

La formule fonctionne immédiatement. De juin à décembre 2017, Womance vend trois fois plus de vêtements et d’accessoires que pendant toute l’année 2016. Les deux tiers du chiffre d’affaires proviennent des magasins éphémères et le reste du commerce en ligne.

En tout, le kiosque éphémère de Womance a visité une dizaine de villes. « Personne n’avait encore misé sur cette formule, affirme Andréanne Marquis. Des professionnels du commerce de détail m’auraient probablement déconseillé de le faire, mais j’ai suivi mon instinct. Et cela a fonctionné, car un instinct ne ment jamais! », lance l’entrepreneure.

Womance en chiffres

: le nombre d’employés de l’entreprise, auquel s’ajoutent 6 pigistes et le personnel temporaire recruté pour les boutiques éphémères

10 : le nombre de villes où Womance a présenté un magasin éphémère

18-35 ans : la tranche d’âge ciblée par Womance

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Visitez le site Web de Womance

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