Histoires d'entrepreneurs

Trois fois par jour : le goût de l'entrepreneuriat, L’histoire de Marilou Bourdon

Trois fois par jour : le goût de l'entrepreneuriat

L’histoire de Marilou Bourdon

C’est après avoir lutté contre des troubles de l’alimentation que Marilou Bourdon conçoit le blogue culinaire Trois fois par jour, destiné à transformer notre rapport avec la nourriture. Comme quoi les grandes idées d’entreprise peuvent naître des obstacles du quotidien. 

Marilou Bourdon se fait d’abord remarquer comme chanteuse par le public québécois grâce à l’émission de télévision Stars à domicile à l’âge de onze ans. En 2005, elle sort son premier album, La fille qui chante, dont le premier titre en duo avec Garou, s’écoule à plus de 130 000 exemplaires. Mais le monde de la chanson dans lequel elle évolue lui dicte une diète qui finit par la rendre malade. « C’est au moment où je commençais à me sortir de ces difficultés liées à mes troubles de l’alimentation que j’ai eu envie de faire un truc à moi, explique-t-elle. Je souhaitais retrouver cet amour pour la bouffe et le partager de manière décomplexée, et encourager les gens à avoir un rapport avec la nourriture dénué de tout sentiment de culpabilité parce que c’est ce type de modèle que j’aurais aimé avoir à l’époque où j’avais une relation malsaine avec l’alimentation. »

C’est ainsi que débute en 2013 l’aventure de Trois fois par jour, à l’origine un blogue culinaire qu’elle crée avec Alexandre Champagne, son compagnon à l’époque. L’objectif est de transformer la relation qu’entretiennent les gens avec la nourriture grâce à des recettes qui font redécouvrir le plaisir de bien manger. Alors que le milieu de la chanson permet peu à Marilou Bourdon de gérer ses propres affaires, l’entrepreneuriat lui donne les moyens de ses ambitions. Elle puise son inspiration auprès de sa famille et surtout de sa mère, qui a effectué un retour tardif aux études pour amorcer un nouveau virage dans sa vie.

Marilou Bourdon et Alexandre Champagne croient fermement que les plateformes numériques, notamment les réseaux sociaux, recèlent un potentiel inexploité. Un an seulement après sa mise en ligne, le blogue Trois fois par jour compte déjà plus de 245 000 abonnés à sa page Facebook, sans qu’aucun dollar n’ait été investi en publicité. Aujourd’hui, la page rassemble plus de 473 000 personnes, et le concept s’est décliné sous plusieurs formes : en plus de créer du contenu pour le site Internet, Marilou Bourdon, qui dirige maintenant seule l’entreprise, a écrit deux livres de recettes et lancé son propre magazine, lequel est publié six fois par année. Elle gère également une boutique en ligne, dont les produits sont entièrement fabriqués au Québec. Si elle collabore avec de grandes entreprises comme la chaîne d’alimentation IGA, les sommes consacrées à la promotion restent minimes, puisque l’entreprise Trois fois par jour mise toujours sur le bouche-à-oreille comme à ses débuts. 

« J’ai toujours été un peu naïve dans la prise de mes décisions d’affaires, mais je pense que ça m’a servie. » Prendre des risques semble inévitable quand on se lance en affaires. L’entrepreneure se rappelle d’ailleurs la peur qui l’habitait la journée où elle a fait un chèque pour faire imprimer 50 000 exemplaires du magazine. 

« Pour moi, la notion de réussite, ce n’est pas qu’une question de chiffres. C’est croire fermement en ma mission, rester fidèle à mes principes sans jamais compromettre mes valeurs. »

— Marilou 

Découvrez aussi : Faut-il avoir le goût du risque pour se lancer en affaires?

Alors qu’elle attend son premier enfant, elle décide de fonder Petite Lou & Co., une boutique en ligne qui offre des articles québécois destinés aux petits et à leurs mamans. Tous les objets sont créés au sein même de l’entreprise, le but étant d’offrir des produits accessibles et de soutenir l’économie locale et les artisans d’ici. « Je pense qu’il est important de se rappeler que nous avons besoin de choses très simples, et que nos idées doivent y répondre concrètement. J’essaie de rester humble, parce que c’est comme ça qu’on grandit, aussi bien d’un point de vue professionnel que personnel. »

En effet, les retombées de Trois fois par jour sont loin de se mesurer uniquement en chiffres. « Je reçois énormément de messages de gens qui apprécient notre travail, y compris de la part d’organismes comme l’Institut Douglas, à Montréal. On m’a remercié de parler ouvertement de ce que j’ai vécu par le passé, de donner une voix à quelqu’un qui s’en est sorti et qui a retrouvé le plaisir de manger. Je pense que c’est ça, le plus important : le sentiment que Trois fois par jour réussit vraiment à faire la différence auprès de ceux et celles qui ont traversé les mêmes épreuves que moi », conclut l’entrepreneure.

Et la suite? Seul l’avenir la connaît. Après tout, les entreprises Trois fois par jour et Petite Lou & Co. sont nées des défis personnels et des surprises qui ont ponctué le parcours de leur créatrice. Pour l’instant, Marilou Bourdon souhaite consolider les efforts des deux entreprises afin qu’elles puissent se développer davantage, tout en se laissant surprendre.

Trois fois par jour en chiffres :

15 : le nombre d’employés à temps plein, outre les nombreux collaborateurs

22 : l’âge de Marilou Bourdon au lancement du blogue Trois fois par jour

90 : le pourcentage des ventes réalisées en ligne

635 : le nombre de recettes publiées depuis 5 ans

Envie d’en savoir plus?

Visitez les sites Web de Trois fois par jour et de Petite Lou & Co

Crédit photo: Sarah Babineau