Histoires d'entrepreneurs

Lambert: rouler sa bosse en sac à dos, L’histoire de Mélissa Lambert

Jeudi 4 juillet 2019

Lambert: rouler sa bosse en sac à dos

L’histoire de Mélissa Lambert

La marque Lambert est née du désir de sa créatrice, alors jeune maman, de créer un sac qui répondrait à ses besoins personnels et professionnels ainsi qu’à ses critères esthétiques. Les sacs prisés de Lambert sont maintenant visibles sur bien des épaules partout dans la province.

Enceinte de son deuxième enfant, Mélissa Lambert s’est mise à chercher un sac qui serait à la fois chic et pratique pour un usage quotidien afin de transporter couches, lingettes et effets personnels, mais aussi son ordinateur et des documents. Elle possédait alors un sac à dos, dont elle aimait le côté pratique, mais dans lequel tout se retrouvait pêle-mêle. Ses recherches lui ont permis de constater que les sacs qui s’offraient à elle étaient tous soit très sport, soit chics, mais aucun n’était pourvu de compartiments. À l’aube de l’arrivée de son bébé, elle a également cherché un sac de maternité moins « moche » à ses yeux que ceux qu’elle voyait en magasin, mais elle a constaté, là encore, un vide dans le marché. « Je ne trouvais pas ce que je voulais — il n’y avait que des sacs à bandoulière. J’utilise beaucoup le porte-bébé, donc je voulais vraiment un sac à dos. Ça m’a donné envie de matérialiser mon idée. » 

Créer sa marque

Devant ce qu’elle considérait personnellement comme un « manque » dans l’offre des sacs pour femmes, Mélissa Lambert s’est demandé s’il y avait là effectivement un marché pour de tels produits destinés à des mères professionnelles. Travaillant alors depuis plus de 10 ans dans le domaine de la gestion de marque pour de grands noms du secteur des télécommunications, elle s’est décidée à mettre à profit son savoir-faire.

« J’ai lancé le projet avec l’aide d’une designer montréalaise afin de tenter de coucher sur papier l’idée que j’avais en tête, explique l’entrepreneure. J’avais aussi l’ambition de créer ma propre marque. Je croyais alors que ce serait un petit projet. J’étais loin de me douter de l’ampleur que ça prendrait. »

Mélissa Lambert a profité de son congé de maternité pour pondre trois modèles de sac, en produire un premier lot et ouvrir une boutique en ligne en septembre 2017. 

Prendre racine

Au début, l’entrepreneure a reçu beaucoup de demandes de collègues qui étaient intéressées par les produits, mais qui désiraient les voir avant de faire un achat. Mélissa Lambert a donc pris la route avec sacs et bébé, et commencé à faire de la vente itinérante. Constatant l’engouement que suscitait chez les femmes la possibilité de voir, de toucher et d’essayer les sacs, elle s’est vite mise à penser à une boutique physique.

La boutique qui a vu le jour sur la rue Saint-Jacques, dans le quartier des affaires de Montréal, devait être éphémère et ouvrir juste à temps pour la période des fêtes de 2017. « Dès l’ouverture, ça a vraiment décollé et donné de la crédibilité à la marque puisque les gens pouvaient voir et toucher les sacs. Je crois vraiment qu’au Québec, un modèle hybride [entre commerce électronique et boutique physique] est ce qui fonctionne le mieux. C’est difficile d’être juste en ligne. » 

Située dans le Vieux-Montréal, la boutique attire la clientèle locale, mais aussi les touristes, qui sont nombreux. Ce qui devait être temporaire est donc devenu permanent et offre aujourd’hui un lieu de rencontre pour les réunions d’équipe.

Se lancer dans l’aventure

De fil en aiguille, Mélissa Lambert a décidé de se consacrer à temps plein à l’entreprise et quitté son emploi à l’hiver 2018. Celle dont la marque avait jusqu’alors profité de l’intérêt des médias imprimés a été invitée à l’émission Dans l’œil du dragon à l’été 2018. 

Cette apparition à la télévision a marqué une nouvelle phase de croissance pour l’entreprise. Dès lors, Mélissa Lambert s’est fait approcher par des boutiques désireuses de proposer ses produits, en particulier le sac de maternité. « Au début, je m’occupais des négociations, raconte Mélissa Lambert, ce qui n’est pas mon truc, mais on m’avait avertie qu’en passant à l’émission, je ne pourrais plus gérer la demande. Donc, j’ai rapidement fait affaire avec une agence de représentation qui offre les services de personnes dont c’est la spécialité. » 

« La force d’un bon entrepreneur est de savoir bien s’entourer. Il est important de ne pas hésiter à s’adjoindre les services des bonnes personnes pour combler ses faiblesses. »

Mélissa Lambert 

L’entrepreneure se concentre désormais sur ce en quoi elle excelle, soit la création de contenu, la valorisation de sa marque et la conception de nouveaux produits. L’équipe compte maintenant trois employés à temps plein, un à temps partiel, deux représentantes et un entrepôt, d’où sont géré les envois postaux.

Gérer la croissance

En 2019, les produits Lambert sont offerts chez 85 détaillants au Québec, notamment dans les établissements de grandes enseignes comme Sports Experts et Clément. Convaincue que la marque Lambert possède un grand potentiel de croissance au pays, la présidente explore actuellement les marchés de Toronto et de Vancouver pour y effectuer une percée. « Ensuite, on verra », dit-elle sagement. 

En plus de développer de nouveaux marchés, l’entrepreneure veille à concevoir sans cesse de nouveaux produits afin de satisfaire la clientèle. « Quand l’entreprise a été fondée, nous proposions seulement trois modèles. Notre gamme de sacs est aujourd’hui plus large, donc nous sommes plus à même de séduire les consommateurs. Le défi est de créer plus de produits pour ne pas devoir toujours acquérir une nouvelle clientèle, mais pour pouvoir aussi faire de la vente croisée. » 

Garder ses valeurs

Les produits végétaliens Lambert ont toujours été conçus avec la volonté de favoriser le design d’ici. Mélissa Lambert a également essayé, autant qu’elle l’a pu, de faire fabriquer localement ses produits. Elle a toutefois dû se résoudre à produire ses articles à l’étranger en raison de la rareté des services nécessaires ici, particulièrement dans le domaine de la maroquinerie. La présidente a donc choisi la meilleure manufacture outre-mer possible et pensé à plusieurs mesures pour éviter le gaspillage, comme les dons de sacs très légèrement imparfaits à des encans ou à des organismes. 

C’est également dans cette optique qu’est née en 2019 la collaboration avec le designer MARKANTOINE, quand ce dernier cherchait des accessoires pour accompagner ses vêtements. Les deux marques ont fait équipe pour donner une deuxième vie à la matière. Lambert a fourni des imparfaits à l’équipe de MARKANTOINE, qui les a utilisés pour confectionner des accessoires conformes à l’esthétique du designer dans un atelier de Montréal. Dans cet ordre d’idées, Mélissa Lambert aimerait un jour pouvoir conseiller les propriétaires de ses sacs ou accessoires défraîchis afin qu’ils puissent eux-mêmes réutiliser ou revaloriser ceux-ci. 

Depuis le début de son aventure entrepreneuriale, Mélissa Lambert aime que tous les efforts consacrés au projet aient une portée visible. « Tout ce que nous faisons, chaque idée, chaque commentaire compte. Toutes nos initiatives nécessitent beaucoup de temps et d’effort, mais leurs résultats sont concrets, et ça, c’est motivant. »

 

Lambert en chiffres

10 : le nombre de modèles de sacs Lambert (exception faite de ceux produits en collaboration avec MARKANTOINE)

85 : nombre de détaillants qui tiennent les produits Lambert au Québec

 

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Visitez le site Web de Lambert