Histoires d'entrepreneurs

La Maison Lavande : une entreprise florissante, L’histoire de Nancie Ferron

La Maison Lavande : une entreprise florissante

L’histoire de Nancie Ferron

A priori, réaliser des reportages pour un téléjournal prépare peu à l’entrepreneuriat. Pourtant, il y a dix ans, Nancie Ferron et son conjoint Daniel Joannette sont passés des salles de rédaction aux champs de lavande pour devenir entrepreneurs. La réussite de leur reconversion s’explique en partie par les compétences qu’ils ont acquises dans leurs anciennes vies de journalistes.

C’est en admirant un champ de lavande en fleurs lors de vacances en France, en 2006, que Daniel Joannette a ressenti l’envie de faire pousser de la lavande sur une terre agricole qu’il possédait à Saint-Eustache. En se renseignant, il a appris que cette plante violette s’adapte bien à des climats moins cléments que celui de la Provence.

 Après des tests concluants, sa conjointe Nancie Ferron a décidé d’embarquer dans l’aventure. « Étudiante, j’étais parfumeuse dans une parfumerie, qui créait à l’époque des parfums sur mesure, se rappelle la quinquagénaire. Je m’étais toujours dit que je reviendrais à la parfumerie un jour. » Elle a donc collaboré avec des chimistes pour mettre au point 30 produits, notamment des cosmétiques, pour la maison.

Un imprévu

Dès le départ, le projet de lavandiculture et de fabrication de cosmétiques à la lavande comprenait un volet agrotouristique. C’est ainsi que le 21 mai 2009, le couple a rendu accessibles au public ses champs de lavande, qui comptaient alors 30 000 plants.

Convaincus du pouvoir de la télévision, ils ont misé sur la publicité télévisée pour faire connaître La Maison Lavande. « Peu de petites entreprises y ont recours, mais c’est un des meilleurs véhicules pour établir une marque », affirme-t-elle.

Des points communs avec le journalisme

Être journaliste consiste à raconter des histoires, et c’est ce qu’ont tenu à faire Nancie Ferron et son conjoint comme entrepreneurs. Peu de temps après l’ouverture de La Maison Lavande, ils ont été approchés par une myriade de boutiques désireuses de distribuer leurs produits, si bien que leurs parfums d’ambiance et leurs savons ont rapidement été commercialisés dans une centaine de magasins. « Nous avons finalement décidé d’avoir nos propres points de vente afin d’établir un contact plus direct avec les gens, dit l’entrepreneure. Je voulais leur raconter l’histoire derrière chaque produit, leur parler de notre philosophie et de notre passion sans trop d’intermédiaires. »

Le passé de journalistes du couple s’est révélé fort utile dans la création de La Maison Lavande. « Habitués à devoir livrer chaque jour un reportage sur un sujet que nous connaissions peu, nous n’avons pas eu peur de solliciter des personnes plus expertes que nous pour apprendre d’elles, explique Nancie Ferron. Les gens adorent partager leur expérience et jouer aux mentors. »

Cette audace les a également poussés à faire appel à Patrice Champigny, un designer réputé. Ce spécialiste en aménagement de kiosques commerciaux a conçu pour eux une microboutique ouverte pouvant être installée dans les allées des centres commerciaux. Habituellement, les parfumeries sont aménagées dans des boutiques fermées. En optant pour des commerces d’allée, La Maison Lavande s’est réservé la possibilité de changer facilement l’emplacement de ses boutiques en fonction des attentes de la clientèle.

Se renouveler sans cesse

Le nombre de plants cultivés a augmenté au fil des années pour atteindre 100 000 aujourd’hui. La gamme de produits s’est étoffée pour inclure des gourmandises et le site agrotouristique s’est notamment enrichi d’un lieu de détente, aménagé à six mètres de hauteur parmi les arbres, où les visiteurs peuvent se faire masser. Chaque année, pendant les six semaines que dure la floraison, 50 000 personnes se pressent à La Maison Lavande.

Une fois leurs études achevées, les deux filles du couple ont décidé de mettre leurs talents en marketing et en communication au service de leurs parents. À la grande fierté de Nancie Ferron et de Daniel Joannette, La Maison Lavande est devenue une entreprise familiale.



Les ventes en ligne progressant fortement, La Maison Lavande mise sur l’ajout de nouveaux produits plutôt que de boutiques additionnelles. Ce printemps, pour la première fois depuis sa fondation, l’entreprise a lancé une nouvelle collection de produits parfumés à la lavande et à la pivoine. « Notre clientèle s’est diversifiée, souligne Nancie Ferron. Nous attirons davantage de femmes âgées de 18 à 35 ans, qui ont tendance à faire des achats plus petits, mais plus fréquents. Elles recherchent la nouveauté. »

Grâce à sa boutique en ligne, La Maison Lavande ambitionne aussi d’exporter ses cosmétiques à la lavande aux États-Unis et de renforcer sa présence dans le reste du Canada. Nancie Ferron et son conjoint tiennent surtout à faire croître l’entreprise tout en continuant à se fier à leur intuition et à leurs coups de cœur. « Quand tu recommences une vie professionnelle à 40 ans, il faut que cela soit agréable », déclare-t-elle. 

La Maison Lavande en chiffres

50 : le nombre de personnes employées à l’année; ce nombre passe à 65 l’été

18 : le pourcentage du chiffre d’affaires de 2017 provenant des ventes en ligne

110 : le nombre de produits cosmétiques différents

5 : le nombre de boutiques de l’entreprise, dont 4 sont des boutiques-kiosques

 

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