Histoires d'entrepreneurs

Raquettes GV : savoir s’adapter pour mieux se renouveler, L’histoire de Stephen Vincent

Raquettes GV : savoir s’adapter pour mieux se renouveler

L’histoire de Stephen Vincent

En décidant de suivre les traces de son père et de reprendre Raquettes GV, un fabricant de raquettes à neige, Stephen Vincent donne une troisième vie à l’entreprise. Cette longévité, l’entrepreneur l’assure en combinant continuité et nouveauté. 

Stephen Vincent commence sa carrière auprès de son père Maurice en 1985, soit trois ans après que ce dernier, ancien vendeur dans le secteur de la machinerie lourde, a décidé de reprendre Raquettes Gros-Louis. L’entreprise en activité depuis 25 ans est alors aux prises avec un problème de relève. En passant aux mains Maurice Vincent, Raquettes Gros-Louis devient Raquettes GV. 

Au départ, Maurice Vincent ne connaissait rien à l’art de la fabrication des raquettes. « Nous sommes partis de zéro, nous avons dû tout apprendre au contact des anciens employés de Raquettes Gros-Louis », raconte Stephen Vincent qui, aujourd’hui âgé de 50 ans, a toujours travaillé pour l’entreprise familiale.

Des défis à relever

Quelques années plus tard, les ventes sont en baisse à cause d’une mauvaise conjoncture économique combinée à des hivers durant lesquels il neige peu. Stephen Vincent, qui a constaté l’apparition des premières raquettes en aluminium, persuade son père de s’adapter à cette tendance. « En moins de cinq ans, les raquettes en aluminium se sont imposées, se rappelle-t-il. Aujourd’hui, nous ne produisons plus que 2 000 paires de raquettes en bois sur un total de plus de 50 000. »

À la mort de son père en 2005, Stephen Vincent, alors directeur général de l’entreprise, en devient le président. Il doit alors affronter une concurrence accrue, notamment parce que des concurrents ont délocalisé leur production en Asie.

Savoir se renouveler

Afin de subsister dans ce contexte, Raquettes GV choisit la voie de l’innovation : nouveaux cadres, harnais améliorés, couleurs mises au goût du jour… « L’esthétisme compte pour les clients, souligne Stephen Vincent. Nous faisons donc affaire avec des designers et nous regardons également les couleurs des manteaux afin que les consommateurs puissent assortir les leurs à leurs raquettes. » 

En 2013, Stephen Vincent recrute un nouveau directeur des ventes qui lance, entre autres, un site de commerce en ligne. Pour le moment, une minorité des ventes sont réalisées en ligne, mais l’équipe souhaite développer ce canal pour prendre de l’expansion. 

Raquettes fabriquées à Wendake

Loin de succomber aux attraits de la Chine, Raquettes GV voit plutôt des avantages à maintenir l’ensemble de sa production au Québec.

L’entreprise peut ainsi réparer une paire de raquettes en moins de 24 heures. Elle peut aussi s’ajuster à l’évolution d’une demande qui fluctue selon les conditions météorologiques. « Nous pouvons faire plus de raquettes quand les chutes de neige sont importantes l’hiver. Inversement, il nous arrive de fabriquer 30 % moins de raquettes quand la neige se fait rare, précise Stephen Vincent. Nous ne pourrions pas réagir aussi rapidement si nous devions faire venir nos raquettes de Chine. »

De plus, jouer la carte du produit « entièrement fabriqué au Canada » permet d’attirer les consommateurs. « Ils ont toujours été sensibles à ce critère », souligne l’entrepreneur, dont la clientèle est en très grande majorité canadienne puisque seulement 15 % de la production est exportée (5 % aux États-Unis et 5 % en Europe).

Plus fourmi que cigale

Pour rester concurrentiel sans délocaliser les moyens de production, Stephen Vincent s’efforce de réduire les coûts au maximum et de bien gérer son entreprise. « Mon père m’a transmis ses qualités de bon gestionnaire, se félicite-t-il. Je fais attention aux dépenses, j’évite de dépasser les budgets et je mets de l’argent de côté en prévision des coups durs. » 

Cette attention portée aux chiffres ne sacrifie rien à la qualité des raquettes qui sortent chaque année des ateliers. « Raquettes GV a une réputation de qualité qu’il est important de conserver! »

Raquettes GV en chiffres

  • De 50 000 à 60 000 : le nombre de paires de raquettes à neige fabriquées chaque année par Raquettes GV
  • 85 : le pourcentage des ventes réalisées au Canada
  • 26 : le nombre de personnes employées par Raquettes GV

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