Billets d'entrepreneurs

Des photos qui mènent loin

Le billet de Virginie Gosselin

Mercredi 10 juin 2020
Fille d’entrepreneurs du domaine agroalimentaire, Virginie Gosselin a tracé son chemin en tant que photographe, notamment culinaire. Elle a cultivé son art et est devenue réputée pour son regard unique.

Née de parents visionnaires et passionnés, propriétaires d’une fabrique de fromages fermiers au lait cru, j’ai d’abord vu la photographie comme un véhicule pour leur rendre hommage. La ferme était — et est encore — une source d’inspiration infinie. L’idée de saisir en photo et de documenter le quotidien et le travail d’artisans m’a poussée à faire des études en photographie.

En sortant du Collège Dawson, j’étais loin de me douter que, huit ans plus tard, je recevrais un appel de Google pour élaborer l’imagerie de Google Shopping.

Ma trajectoire

En faisant des choix, nous nous traçons notre trajectoire. Nous ne saurons jamais où d’autres chemins nous auraient menés. Il faut assumer nos choix sans nous demander sans cesse ce qui aurait pu se passer si nous avions pris une autre direction. J’ai pris ma première grande décision à la fin de mes études à Dawson. Alors que j’avais été admise au Savannah College of Art and Design, j’ai eu l’opportunité de travailler pour le photographe montréalais John Londoño, reconnu notamment pour ses portraits d’artistes locaux et internationaux, tels que Vanessa Paradis, Oasis et Grimes. Ces années passées à assister John ont été extrêmement formatrices.

Studio à la maison de Virginie Gosselin

Mais, après trois ans, j’avais besoin d’espace et de temps pour développer mes projets et mes propres images. J’ai alors proposé à ma sœur, alors étudiante en agronomie, de créer un livre sur la fromagerie de nos parents. Je voulais capter et transmettre la beauté, mais aussi la dureté, l’humilité, la complexité de la vie à la ferme et surtout la nécessité de leur travail. À travers mes images et les mots de ma sœur, Au Gré des Champs est devenu un hymne au travail des artisans de la terre et à leur savoir-faire, ainsi qu’un livre de recettes inédites de grands chefs québécois.

À partir de ce moment, ma volonté d’allier mes deux passions, la gastronomie et la photographie, est devenue inébranlable. Ma tête bouillonnait d’idées et de projets. Il me fallait m’entourer des meilleurs alliés et trouver un endroit pour créer. C’est pourquoi j’ai d’abord proposé à l’équipe de Visual Box, une boîte spécialisée en retouche photo, d’aménager un studio multifonctionnel adapté à nos besoins respectifs. Une fois bien installée, je me suis associée à Patricia Doss, présidente de Zetä Production, reconnue pour sa capacité à propulser à l’avant-scène de jeunes photographes talentueux. Grâce à son flair, Patricia m’a rapidement ouvert des portes et obtenu des projets à la hauteur de mes ambitions. Cette alliance m’a permis d’asseoir ma crédibilité comme photographe professionnelle et de m’exprimer à travers des projets créatifs et passionnants qui m’ont d’ailleurs valu, à l’été 2018, un appel de Google.

Un courriel décisif

En plein mois de juillet 2018, j’ai reçu un courriel que l’on peut qualifier d’inattendu. Il venait de Google.

Mon travail avait retenu l’attention du géant du Web, qui souhaitait me parler rapidement d’un projet. L’équipe de Mountain View voulait alors redonner vie à Google Shopping en privilégiant le média photographique.

Ensemble, Patricia Doss et moi avons formé une équipe composée de deux directeurs artistiques, d’accessoiristes, de photographes adjoints et même d’un chef cuisinier afin de remplir les objectifs du projet et de tenir compte de son ampleur. Cette mise en commun de nos talents respectifs nous a rendues uniques aux yeux de Google.

La recette?

Comment en suis-je arrivée à obtenir un mandat comme celui de Google Shopping? Je n’ai pas de recette précise. Je crois simplement qu’il faut assumer ses choix, croire en ses capacités de réaliser ses ambitions et, surtout, être débrouillard. Le contexte actuel démontre qu’il faut savoir s’adapter et innover. Toutes ces dernières années à observer, à apprendre, à faire et à refaire me sont utiles aujourd’hui, alors que, confinée à la maison, je dois faire preuve de polyvalence pour poursuivre mes activités dans le petit studio mobile que je me suis créé. Je peux continuer à créer des visuels pour appuyer le virage numérique de ceux qui m’inspirent, qu’ils soient artisans, créateurs ou chefs.
 

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