Histoires d'entrepreneurs

RaySecur: penser la sécurité autrement, L’histoire d’Éric Giroux

RaySecur: penser la sécurité autrement

L’histoire d’Éric Giroux

Après un retour aux études effectué afin d’aiguiser ses connaissances dans le secteur des affaires, Éric Giroux a décidé d’explorer le domaine de la science pour faire jaillir l’étincelle susceptible d’allumer son projet entrepreneurial. Quelques années plus tard, l’intuition brillante à l’origine de RaySecur a permis aux produits et services de l’entreprise de trouver preneur auprès de nombreux clients chargés d’assurer la sécurité du courrier.

Chaque jour, les autorités interceptent des centaines d’envois afin d’analyser des substances jugées suspectes. Et l’actualité ne cesse de nous rappeler l’importance de la sécurité en matière de contrôle du courrier : des alertes à la maladie du charbon (ou anthrax en anglais) jusqu’aux colis piégés, nombre de gouvernements, d’entreprises et d’individus font face à des menaces bien réelles. 

Éric Giroux a décidé de s’attaquer à cet enjeu de taille en créant RaySecur en 2015. L’entreprise exploite des ondes millimétriques pour détecter d’infimes quantités de poudres, de liquides et d’autres composants chimiques, biologiques ou radiologiques à l’intérieur d’enveloppes et de colis. Cette technique est au cœur de l’appareil MailSecur, principal produit de l’entreprise RaySecur, qui utilise l’imagerie holographique tridimensionnelle (3D) afin de créer des images dynamiques et qui intègre un système de détection de métaux — un net avantage par rapport aux rayons X traditionnels qui ne permettent qu’un balayage en deux dimensions. « Notre caméra térahertz n’offre pas d’images statiques, elle permet plutôt de voir à travers la matière en temps réel et sous tous les angles », explique le président-directeur général de RaySecur, Éric Giroux. 

Mettre l’entrepreneuriat au service de la science

Éric Giroux n’en est pas à ses premières armes en tant qu’entrepreneur. Après ses études en commerce à l’Université Bishop, il a créé une entreprise dans le domaine de la construction dans la région de Boston en 2000, où il dirigeait une équipe de plus de 150 employés. « Mais à 37 ans, j’avais besoin de nouveaux défis, alors j’ai décidé de retourner aux études », se souvient-il. Et pas dans n’importe quelle école : en 2008, il s’est inscrit à la maîtrise à la prestigieuse Université Harvard en gestion d’entreprise et en opérations d’affaires. 

Un entrepreneur ne possède pas forcément toutes les connaissances techniques pour mettre ses idées à exécution. Alors, après avoir terminé sa maîtrise, Éric Giroux a participé au programme Entrepreneur en résidence de l’Institut national d’optique (INO) de Québec qui a été créé en 2013, grâce au soutien de la Ville de Québec et à la participation d’Anges Québec, afin d’offrir aux entrepreneurs l’occasion de découvrir les plus récentes innovations issues de la recherche en optique et en photonique. « Mon but était de me familiariser avec les nouvelles technologies mises au point par les quelque 230 scientifiques qui travaillent à l’INO et de trouver une application commerciale à l’une d’elles afin d’en maximiser les bénéfices. »

Lorsqu’Éric Giroux a fait la découverte d’une caméra térahertz parmi les systèmes d’imagerie mis au point à l’INO, un déclic s’est opéré chez lui. L’entrepreneur a vite compris que cette innovation, dont l’utilisation ne nécessite aucune formation particulière, pouvait révolutionner la façon d’assurer la sécurité postale. Pendant un an, Éric Giroux s’est employé à approfondir sa connaissance du marché et à trouver des partenaires prêts à lui faire confiance. « La sécurité postale est complexe, mais les gens ont compris instantanément l’avantage de notre technologie. Il n’a pas été difficile pour nous de les en convaincre et d’en faire des utilisateurs précoces », affirme-t-il. Tout en développant des partenariats avec des acteurs des secteurs public et privé, il a poursuivi ses activités en laboratoire afin de peaufiner le produit final. En tout, il aura fallu à Éric Giroux près de sept ans pour parvenir à la solution proposée par RaySecur.

Ouvrir de nouveaux marchés en continuant à innover

Pour croître, il faut l’appui d’investisseurs stratégiques. C’est la raison pour laquelle Éric Giroux s’est rapidement tourné vers les États-Unis, où le financement offert pour soutenir l’industrie de la sécurité et du contre-terrorisme est plus important qu’au Canada. Si tout a commencé à Québec, où le siège social de l’entreprise est toujours situé, RaySecur possède aujourd’hui un bureau à Boston. Celui-ci s’avère d’autant plus important qu’en février 2018, la solution proposée par RaySecur a été adoptée par le département de la Sécurité intérieure des États-Unis, qui en a approuvé l’utilisation comme mesure antiterroriste en lui attribuant le label Qualified Anti-Terrorism Technology. 

Aussi longue que variée, la liste de clients de RaySecur comprend, entre autres, des célébrités, des agences gouvernementales vouées à la sécurité et des sociétés en tête du classement Fortune Global 500. « Nous avons mis au point une solution de pointe qui répond à des besoins précis, mais notre but est d’étendre notre offre à des publics plus larges », déclare Éric Giroux. La réputation de RaySecur n’étant plus à faire en Amérique du Nord, l’entreprise a d’autres visées. De fait, Éric Giroux désire partir dès cette année à la conquête de l’Europe, maintenant que l’utilisation de la technologie à base d’ondes millimétriques y a été autorisée. Il souhaite également concevoir un produit moins coûteux et plus simple à employer afin de maximiser le potentiel d’utilisation de MailSecur — comme quoi on trouve toujours une bonne raison pour retourner en laboratoire et collaborer étroitement avec les innovateurs de demain.

«« L’aspect technologique, c’est un terme important de l’équation, mais c’est loin d’être le seul. Il y a aussi l’équipe, l’expérience, les gens qui nous font confiance… La clé du succès, ce n’est pas seulement une bonne idée, c’est aussi la manière dont on s’y prend pour atteindre son but. »

Éric Giroux

RaySecur en chiffres :

100 : la quantité minimale de poudre en milligrammes (ou 2 % d’une cuillère à thé) que MailSecur est capable de détecter

5 : le nombre d’employés à temps plein de RaySecur

10 : le nombre de secondes nécessaires à MailSecur pour analyser chaque colis

3500 : le nombre de colis suspects interceptés aux États-Unis chaque année, soit environ 10 par jour d’après le United States Postal Service (USPS)

 

Envie d’en savoir plus ?

Visitez le site Web de RaySecur