Histoires d'entrepreneurs

Meubles Arboit-Poitras : du mobilier québécois de père en fille, L’histoire de Maude Verstraete

Meubles Arboit-Poitras : du mobilier québécois de père en fille

L’histoire de Maude Verstraete

À seulement 24 ans, Maude Verstraete est devenue directrice générale de Meubles Arboit-Poitras, l’entreprise familiale qui fabrique du mobilier au Québec. La jeune entrepreneure nous décrit les défis associés au transfert de l’entreprise. 

Meubles Arboit-Poitras est d’abord une affaire de famille. De fait, l’entreprise a été fondée en 1951 à l’Épiphanie, dans Lanaudière, par l'arrière-grand-père de Maude Verstraete. Elle conçoit et fabrique au Québec du mobilier de chambre et de salle à manger en plus de meubles multimédias en frêne et en merisier et d’autres matériaux nobles originaires de la province.

Le père de Maude Verstraete, Benoit, hérite prématurément de l’entreprise à 21 ans. Bien qu’il n’ait pas été préparé à reprendre le flambeau si jeune, il parvient à favoriser la forte croissance de l’entreprise. Désirant éviter de reproduire les erreurs du passé, la famille Verstraete décide de mettre très tôt en place un modèle de transfert pour bien outiller Maude et l’aider à assumer ses futures fonctions.

De scientifique à entrepreneure

Maude Verstraete se destinait à une carrière scientifique après un diplôme en biologie médicale de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Son stage comme représentante commerciale s’avère une révélation et lui donne le goût des affaires. « J’ai pris conscience que j’aimais le commerce et que je pouvais être performante, se souvient-elle. L’entreprise de mon père avait des besoins, et j’ai répondu à l’appel ». Elle intègre donc l’entreprise en 2015 et y gravit les échelons.

En 2016, Maude Verstraete entame un certificat en entrepreneuriat et gestion des PME. L’année suivante, elle s’inscrit à l’Académie de la relève entrepreneuriale-CDPQ à l’Université Laval. Elle profite ainsi, à raison de deux journées par mois pendant 10 mois, d’un accompagnement personnalisé et de l’expertise du corps enseignant, ce qui lui permet de maximiser les chances de réussite du transfert de l’entreprise que projette la famille Verstraete. Négociation, innovation, exportation, modèle d’affaires : on présente aux 10 membres de la cohorte de l’Académie de multiples problématiques entrepreneuriales.

Consultez aussi : L’entreprise familiale : comment reprendre le flambeau

La cohorte de Maude Verstraete vient tout juste de finir son parcours à l’Académie. « Cette démarche m’a permis de développer de nombreux contacts dans différents univers, témoigne la jeune femme. J’ai beaucoup apprécié la liberté de ton des enseignements et l’accessibilité des intervenants. Ça m’a éclairée sur de nombreux points. »

Un transfert, ça se prépare

Selon la Fondation des familles en affaires, une entreprise sur trois réussit le passage de la première à la deuxième génération. Ce chiffre chute à 13 % pour un passage de la deuxième à la troisième génération. Maude Verstraete représente la quatrième génération d’entrepreneurs de sa famille.

« Mon père m’a transmis deux valeurs fondamentales : avoir un cœur et être proche de ses employés. Une bonne entrepreneure doit rester à l’écoute de son équipe. » 

— Maude Verstraete

Afin de réussir le transfert de l’entreprise, la famille Verstraete souhaite prendre son temps et ne pas sauter d’étape. Maude et son père s’assurent d’avoir la même vision. Depuis que Maude est entrée dans l’entreprise il y a deux ans, un système d’achat d’actions a été mis en place. Le recours à un gel successoral pourrait également être envisagé. Cet outil de planification fiscale permet aux actionnaires de la relève d’une entreprise de bénéficier d’avantages fiscaux en reportant l’impôt de la succession sur la croissance future des actifs qui seront alors détenus par la génération suivante. Une technique pratique pour éviter une imposition trop lourde au moment de la succession.

Pour Maude Verstraete, nommée directrice générale en novembre 2017, la réflexion poursuit son cours, rien n’étant encore fixé. « Nous sommes au début de la réflexion. Ça nous prendra probablement des personnes extérieures pour nous conseiller sans émotion et en toute objectivité. »

En attendant, Maude Verstraete ne manque pas d’idées pour développer l’entreprise. Multiplier les canaux de diffusion, adapter le modèle d’affaires au Web 4.0 et renouveler les savoir-faire : c’est le programme que s’est donné la jeune entrepreneure pour les prochaines années.

Meubles Arboit-Poitras en chiffres

50: le nombre d’employés de l’entreprise

6 : le chiffre d’affaires de l’entreprise en millions de dollars

150 : le nombre de magasins qui vendent du mobilier Arboit-Poitras

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