Voir plus loin · Lundi 19 septembre 2016

Comment bien réussir une campagne de sociofinancement

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Le financement participatif, appelé aussi sociofinancement (« crowdfunding » en anglais), consiste à recueillir des fonds en sollicitant la communauté à l’aide d’une plateforme en ligne spécialisée. Que ce soit pour démarrer une entreprise ou pour créer un nouveau produit, le financement participatif est ouvert à tous. Formations, sites spécialisés, plateformes locales… le Québec a vu éclore ces dernières années plusieurs initiatives pour appuyer les entrepreneurs dans leur démarche. Rencontre avec des professionnels du domaine pour comprendre ce qui fait le succès d’une campagne de sociofinancement.

Le financement participatif intéresse de plus en plus d’entrepreneurs. Si la multiplication des solutions offertes en ligne rend cette option accessible aux entrepreneurs en démarrage, ceux-ci doivent tout de même être bien préparés. Jean-Benoit Aubé, directeur des partenariats privés au SAJE accompagnateur d’entrepreneurs et Maude Rhéaume, directrice des opérations de La Ruche, donnent leur avis éclairé sur ce type de financement.

Une simple recherche de financement?

« Le crowdfunding est bien plus qu’une simple recherche de financement. Au stade du démarrage par exemple, il permet de confronter son idée avec le marché, explique Jean-Benoit Aubé. Cette approche permet à l’entrepreneur de mettre en prévente ses produits et de lancer la production en fonction des besoins réels du marché. De plus, les rétroactions offertes par la communauté ciblée donneront à l’entrepreneur de précieuses indications grâce auxquelles il pourra réajuster son projet en cours de route. » 

La visibilité qu’apporte une campagne bien menée, tout comme l’effet de levier positif, est un atout indéniable lorsqu’il faut partir à la recherche de financement supplémentaire.

Des étapes à franchir pour éviter les erreurs

« Il est indispensable de bien se préparer pour mettre toutes les chances de son côté », recommande Jean-Benoit Aubé. Habituellement, il faut compter environ 60 jours de préparation, selon la nature du projet et du stade de développement de l’entreprise. Analyse des campagnes des concurrents, rédaction de l’argumentaire, réalisation de la vidéo, choix de la plateforme, des récompenses… la liste des choses à faire avant de lancer la campagne est longue. Le SAJE a d’ailleurs mis en ligne un site consacré au sociofinancement où il détaille toutes les étapes déterminantes pour la réussite d’une campagne de sociofinancement.

Un objectif atteint en 15 heures : le cas de Smarthalo

Les fondateurs de Smarthalo avaient besoin de 67 000 $ pour produire leur objet intelligent et connecté qui vise à faciliter le déplacement des cyclistes urbains. Le lancement de la campagne a connu un franc succès, les fondateurs ayant atteint leur objectif en 15 heures. Comme le besoin était ressenti par la communauté de cyclistes, celle-ci a, tout au long de la campagne, manifesté son intérêt pour le projet et ainsi permis aux jeunes entrepreneurs de récolter 538 000 $. Comment ont-ils fait exploser les compteurs? Xavier Peich, l’un des cofondateurs, souligne l’importance d’avoir un bon réseau et les adresses de courriel de nombreuses personnes à contacter en amont et de ne pas sous-estimer le temps nécessaire pour gérer les différentes phases de la campagne.

« On fait de la publicité sur Facebook en ciblant les profils des gens qui aiment faire du vélo, et on a ajouté ces personnes à notre base de données.»

Le financement participatif, une solution miracle?

Maude Rhéaume de La Ruche souligne que le financement participatif n’a rien de magique. « Il ne faut pas surestimer la générosité des gens », prévient-elle. Les éléments de succès dépendent, selon elle, en partie de l’engagement de l’entourage avant la campagne afin de susciter l’engouement, mais surtout de la capacité des entrepreneurs à faire rayonner leur projet dès le début de la campagne. « Le début de campagne est primordial, c’est un peu le phénomène du restaurant vide et du restaurant plein, si les internautes voient que des gens investissent dans votre projet, ils auront envie de le faire aussi ».

La Ruche est une plateforme québécoise qui existe depuis 2013. Elle privilégie les projets de proximité susceptibles d’avoir de réelles retombées à l’échelle locale. Chaque entrepreneur qui soumet son projet est amené à le présenter à un panel de gens d’affaires. Selon Maude Rhéaume, cet accompagnement initial fait toute la différence en ce qui a trait au succès de la campagne « À La Ruche, nous avons un taux de réussite de 61 %, alors que celui des grands joueurs américains avoisine plutôt les 36 % ».

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