Histoires d'entrepreneurs

Bulle : quand maman devient entrepreneure, L’histoire de Valérie Doran-Plante

Bulle : quand maman devient entrepreneure

L’histoire de Valérie Doran-Plante

Valérie Doran-Plante, l’entrepreneure derrière Bulle, a la bosse des affaires depuis son plus jeune âge. Elle n’allait pas encore à l’école lorsqu’elle a confectionné ses tout premiers bijoux et, avant même d’avoir 10 ans, elle les vendait déjà au marché aux puces.

« Je n’ai d’ailleurs jamais arrêté d’en fabriquer. J’ai même fait ceux de mon mariage! », raconte Valérie Doran-Plante. En devenant mère, elle a toutefois constaté que bijoux et bébés ne faisaient pas toujours bon ménage. « Mes enfants les brisaient en tirant dessus. Je me suis donc mis en tête d’en fabriquer à partir de nouveaux matériaux, plus solides et sécuritaires. J’ai commencé par le bois et le tissu coloré, mais mon garçon régurgitait continuellement dessus, et ça se nettoyait très mal! » 

Une ascension fulgurante

C’est en observant son poupon mordiller allègrement sa petite cuillère que lui est venue l’idée d’investiguer du côté du silicone de qualité alimentaire. « La texture semblait lui plaire. Puisque c’est sans danger et que ça va au lave-vaisselle, j’ai décidé de faire produire des billes en silicone pour bricoler mes prototypes. »

Comme lorsqu’elle était enfant, elle décide d’aller en vendre dans un marché aux puces, histoire de tâter le terrain et de mesurer l’intérêt du public. Le succès est instantané : Bulle vient ainsi au monde. Enthousiaste, elle crée ensuite une attache-suce, qui remporte à son tour un franc succès et qui demeure d’ailleurs à ce jour l’un des articles les plus populaires de son éventail de produits. Elle propose ses produits dans des boutiques spécialisées et, presque aussitôt, d’autres magasins commencent à la contacter d’eux-mêmes. Les points de vente se multiplient ainsi à vitesse grand V.

Quelques mois après le lancement de l’entreprise au printemps 2014, Bulle est rentable, et Valérie Doran-Plante quitte son emploi de conseillère en ressources humaines pour s’y consacrer entièrement. Dans la même période, elle décide aussi de tenter sa chance à l’émission Dans l’œil du dragon, où elle noue un partenariat avec Danièle Henkel. Trois ans plus tard, cette dernière est toujours actionnaire et continue de développer avec Valérie Doran-Plante la vision stratégique de l’entreprise.

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Mère et entrepreneure

La pomme ne tombant jamais bien loin de l’arbre, c’est en grande partie en s’inspirant de sa propre mère que Valérie Doran-Plante, qui a trois jeunes enfants (7 ans, 4 ans et 14 mois), parvient à porter à la fois le chapeau de chef d’entreprise et celui de chef de famille.

« Je viens d’une famille de quatre enfants. Mes parents étaient séparés, et nous étions principalement sous la garde de ma mère, qui est aussi une femme d’affaires. Oui, je l’ai vue travailler très fort et souvent tard quand j’étais plus jeune, raconte l’entrepreneure, mais je n’ai pas le souvenir que sa présence m’ait manqué. Parce que, quand elle était avec nous, elle était entièrement avec nous. C’est ce que j’essaie de faire à mon tour. »

Pour maintenir ce délicat équilibre, elle s’appuie énormément sur son conjoint et a choisi de faire appel à une équipe administrative ainsi qu’à une équipe de gestion pour la production. « Quand j’ai débuté, j’étais chargée d’absolument tout : l’inventaire, les fournisseurs, la boutique en ligne, les commandes, les points de vente, les livraisons, la production, les médias sociaux… C’était épuisant et stressant. Je ne regrette pas de l’avoir fait parce que c’était un passage obligé pour mener mon entreprise là où elle est aujourd’hui. » 

« Je sais dorénavant que j’accomplis le mieux mes rôles lorsque je suis bien entourée. »

— Valérie Doran-Plante

La concurrence : une source de motivation

Impliquée auprès de la Fondation CHU Sainte-Justine, de Leucan, de la Fondation maman Dion et du Centre de pédiatre sociale de Lévis, la femme d’affaires compte étoffer prochainement son offre d’objets sensoriels conçus pour favoriser la concentration et diminuer l’agitation. 

Déjà, ses pendentifs à mordiller, ses Zip Bulle (à attacher à la fermeture éclair du manteau) et ses croque-crayons (à insérer au bout d’un crayon) connaissent un vif succès auprès des enfants et adolescents présentant un trouble anxieux, un trouble du déficit de l’attention ou encore un trouble du spectre de l’autisme.

En fait, la popularité des produits de Bulle est telle que des entreprises étrangères vendent sans vergogne des copies de moindre qualité sur le Web. « Je n’ai pas de problème avec la saine concurrence, explique-t-elle, mais j’admets que j’ai un peu plus de difficulté à accepter qu’on copie impunément mon modèle d’affaires! Je choisis cependant de ne pas m’en faire outre mesure, de redoubler d’efforts et de miser sur ma créativité et la qualité de mes produits. Je pense comme Coco Chanel : ″Prenez mes idées, j’en aurai d’autres!″ » À preuve, l’entrepreneure partira sous peu conquérir le marché européen… grâce à de tout nouveaux produits qu’on ne tardera pas à découvrir.

Bulle en chiffres

600 : le nombre de points de vente, majoritairement au Québec et ailleurs au Canada; « Et on devrait signer une entente pour 300 de plus sous peu! » d’ajouter l’entrepreneure

6 : le nombre d’employés au siège social

10 : le nombre d’emplois créés dans les entreprises d’économie sociale pour fabriquer et emballer les produits de Bulle

50 000 : le montant en dollars investi par Danièle Henkel dans Bulle

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