Histoires d'entrepreneurs · Jeudi 8 juin 2017

Entreprendre en domptant les cônes orange

L’histoire de Caroline Arnouk

Les cônes orange seront nombreux au Québec cet été, ce qui ne sera pas sans impact sur la circulation automobile. Heureusement, les obstacles pourront être contournés grâce à un logiciel unique en son genre créé par Technologies OPA. La startup, qui s’est d’abord frayée un chemin dans la Vieille Capitale, est désormais présente à Montréal et à Laval.

Coordonner les travaux dans une grande agglomération est une tâche titanesque, et les problèmes de communication sont fréquents. « Il n’est pas rare que le détour d’une route en chantier débouche sur un autre chantier, ou encore que des entrepreneurs commencent des projets en même temps dans un même secteur sans se parler », remarque la fondatrice de Technologies OPA, Caroline Arnouk, qui n’est âgée que de 30 ans. 

Pour éviter de telles situations, son entreprise a mis au point une plateforme numérique qui permet d’afficher tous les travaux en cours sur un territoire donné. En sachant quelles routes sont bloquées, les gestionnaires peuvent adopter les mesures de mitigation nécessaires, telle une présence policière pour diriger les automobilistes à une intersection achalandée. La congestion ne disparaît pas pour autant, mais elle est assurément atténuée!

C’est en travaillant comme ingénieure civile au Service de l’eau de la Ville de Montréal que Caroline Arnouk a eu l’idée à l’origine de Technologies OPA. « Les gens ne s’en rendent pas compte, mais tout un monde se cache sous la chaussée. » Conduites d’eau potable et de gaz, égouts, câbles électriques et de fibre optique... Chaque fois que des travaux d’aqueduc étaient prévus par la Ville, la jeune femme réunissait toutes les parties concernées pour savoir si elles voulaient profiter de l’occasion pour faire des travaux elles aussi. Après tout, il vaut mieux creuser une seule fois! 

« On se rencontrait à plusieurs reprises pour comparer des cartes papier et des fichiers Excel, se souvient l’ingénieure. Ça prenait énormément de temps, car on n’avait pas d’outil efficace pour partager l’information. »

Pour l’ingénieure, il s’agissait d’un problème à régler, d’une occasion à saisir.

« Je voyais le virage numérique des villes, je voyais les investissements massifs dans les infrastructures, et je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire pour aider les organisations publiques et privées à mieux gérer leurs chantiers. »

— Caroline Arnouk

L’entrepreneur a plongé en 2015 en finançant elle-même son aventure. « Ça prouve que tu crois à ton entreprise », lance-t-elle. Heureusement, Caroline Arnouk a également bénéficié du soutien de la Fondation Montréal inc. et de PME MTL. 

Parler de ses idées

La première chose que Caroline Arnouk a faite, c’est parler de son projet! « Quand on a une idée, c’est très important de la valider pour s’assurer que le marché est réel. » En écoutant les conseils des gens du milieu, l’entrepreneur a ainsi pris conscience que le potentiel à exploiter ne résidait pas dans la gestion des chantiers, domaine qu’elle visait initialement, mais plutôt dans le secteur des transports.

Consultez aussi : Doit-on partager son idée d’affaires?

Elle a ensuite créé une version de démonstration de son logiciel avant d’aller à la rencontre de ses clients potentiels. « J’ai participé à beaucoup de congrès, j’ai fait des conférences techniques, j’ai contacté différentes associations de l’industrie. » Ses démarches ont porté leurs fruits : en moins de deux ans, elle a décroché des contrats, notamment auprès d’Infrastructure Canada et du ministère des Transports du Québec. Un véritable exploit, lorsqu’on sait à quel point il est parfois difficile de convaincre le secteur public d’adopter une innovation.

Malgré ce succès, l’ingénieure demeure à l’écoute du marché et à l’affût des occasions d’affaires. « On s’est rendu compte que notre logiciel intéresse les services de police, car s’il y a une manifestation ou un grand événement publics, ils ont besoin de savoir quelles rues sont accessibles. » Technologies OPA ajoutera prochainement à son outil un module pour le transport collectif afin d’aider les différentes agences de transport à mieux planifier les détours des autobus.

Un autre client inattendu a également frappé à la porte de Caroline Arnouk : le gouvernement australien, avec lequel Technologies OPA travaille en ce moment à la réalisation d’un projet qui avance « très vite ». « Des gens d’Australie m’ont vue dans une conférence. Comme ils investissent beaucoup dans les infrastructures, ils ont été très intéressés par ma solution. Je n’aurais jamais pensé être contactée par l’Australie, mais c’est arrivé. C’est la preuve que tout est possible! » 

L’entreprise en chiffres

  • 7 : le nombre d’employés
  • 20 : le nombre d’organisations qui utilisent la solution de Technologies OPA
  • 1000 : le nombre de chantiers répertoriés par le logiciel

Envie d’en savoir plus? 

Visitez le site Web de Technologies OPA


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