Histoires d'entrepreneurs

SDK: la crédibilité des grands et l’agilité des petits, L’histoire d’Hélène Brisebois

Vendredi 13 décembre 2019

SDK: la crédibilité des grands et l’agilité des petits

L’histoire d’Hélène Brisebois

Lorsqu’elle était petite, Hélène Brisebois transformait tous les jeux (des casse-têtes aux maisons de poupée) en projet de construction. Celle qui rêvait depuis son plus jeune âge de devenir ingénieure aura finalement été la première femme à présider une firme d’ingénierie au Québec.

Issue d’une famille d’ingénieurs, la jeune Hélène Brisebois des années 1960 se démarquait des filles de sa génération par l’attirance qu’elle éprouvait pour l’ingénierie. « J’ai aussi toujours eu ce goût pour l’entrepreneuriat : je faisais le commerce de bijoux et d’autres babioles que je traînais avec moi dans mon sac d’école », raconte-t-elle.

Ses aptitudes en sciences et en mathématiques l’ont conduite à Polytechnique, où environ 15 % des étudiants étaient alors des femmes. 

S’imposer en peu de temps

En 1987, elle est entrée au service de SDK, qui exerçait à ce moment ses activités sous un autre nom et qui comptait une douzaine d’employés. « Mon patron à cette époque a tout de suite remarqué mes habiletés en gestion », souligne-t-elle. Sentant qu’il lui manquait quelques cordes à son arc en gestion, Hélène Brisebois a suivi parallèlement à son emploi une formation spécialisée en gestion des PME à HEC.

Deux ans après son arrivée dans la firme, elle a acquis le statut d’associée. Un exploit qu’elle a accompli en réussissant à asseoir son autorité à un moment où les entreprises devaient se conformer à la norme des systèmes de gestion de la qualité, appelée ISO 9001, afin de pouvoir collaborer avec le gouvernement. 

« J’ai été ciblée pour instaurer ce système, que j’ai établi de A à Z, en suivant les formations adéquates, souligne Hélène Brisebois. J’ai profité de cet élan pour changer certains processus de gestion dans le bureau qui me convenaient moins, prétextant la conformité à la norme. »

Au fil des années, cette dernière a acquis beaucoup d’expérience en gestion de personnel et de projet, mais aussi — plus généralement — en administration d’entreprise. « L’ancien président me donnait beaucoup de latitude, mentionne-t-elle, et voyait en moi la relève. » En 2007, elle a pris la tête de SDK, qui comptait alors une trentaine d’employés.

Être présidente, ça ne change pas le monde, sauf que…

La nomination d’Hélène Brisebois au poste de présidente n’a pas constitué un grand changement pour le personnel, puisqu’elle gérait déjà en partie le bureau, les équipes et les embauches. C’est plutôt le regard des clients et des partenaires d’affaires qui a changé. « Cela m’a donné une visibilité intéressante, car je suis devenue la première ingénieure à la tête d’un bureau d’ingénierie au Québec », affirme-t-elle. 

De concert avec ses associés, dont certains étaient là depuis le début comme elle, Hélène Brisebois a alors effectué une planification stratégique plus rigoureuse dans le but de faire de SDK un incontournable dans le secteur de l’ingénierie de structure au Québec. « Nous souhaitions être appelés pour tous les projets importants en bâtiment, se souvient l’entrepreneure. Nous visions aussi la construction d’immeubles de grande hauteur, qui étaient plus rares à cette époque. »

Naviguer sur le long fleuve tranquille de la croissance

Cette approche a porté ses fruits. Depuis, SDK enchaîne, année après année, la réalisation d’imposants projets, comme ceux de la Tour des Canadiens de Montréal, des copropriétés YUL, de l’immeuble de la Caisse de dépôt et placement du Québec et de l’OACI. 

 Si ces contrats ont été obtenus avec le concours de partenaires pour partager les risques, SDK s’est ensuite lancée dans des projets dont elle a assumé toute la responsabilité. C’est ainsi que la firme a obtenu le mandat du campus MIL de l’Université de Montréal, dont les coûts de production s’élèvent à 150 millions de dollars, en plus de celui de la phase II du CHUM, qui est en voie d’être achevé, et de ceux de la future brasserie de Molson Coors Canada et de l’Institut de cardiologie de Montréal.

« Pour le campus MIL, j’ai agi à titre de chargée de projet en génie civil, et ça fait neuf ans que je travaille sur ce mandat », mentionne Hélène Brisebois. Elle souligne au passage que tous les associés et elle mettent l’épaule à la roue en plus d’accomplir leurs tâches liées à l’administration et au développement des affaires, ce qui change la donne auprès des clients.

Outre ces projets, le succès de SDK repose aussi sur une clientèle fidèle et constante, composée entre autres de commissions scolaires et de Cadillac Fairview, avec laquelle elle collabore depuis des décennies. « Notre positionnement nous permet de concurrencer de grandes firmes d’ingénierie pour la réalisation de projets d’envergure et de rivaliser sur le marché privé contre des firmes plus agiles sur le plan des structures de coûts », ajoute la présidente. 

La progression a donc été organique, réalisée sans fusion-acquisition, exception faite d’une incursion (par le biais d’une acquisition) dans le secteur de la pétrochimie en 2004. En raison du déclin de ce dernier de 2008 à 2010, SDK s’est recentrée sur le bâtiment.

« Il n’y a pas eu de grands tournants : notre croissance s’apparente davantage à un long fleuve tranquille, dont le débit fluctue selon les cycles économiques. Ce sont vraiment nos réalisations qui nous propulsent vers l’avant. »

Hélène Brisebois

Et la présidente entend continuer de diriger la firme en privilégiant cette voie de l’excellence, sans fixer d’objectif consistant à doubler ou à tripler le chiffre d’affaires. « Nous bâtissons cette réputation d’excellence à l’aide des talents que nous recrutons dans les universités et que nous nous efforçons de garder longtemps afin d’approfondir les connaissances de notre équipe, explique-t-elle. Nous n’embauchons pas du personnel pour réaliser un seul projet et le relâcher dès que celui-ci est achevé. Nous investissons énormément de ressources dans la formation pour le garder. »

La firme mise notamment sur des projets stimulants pour retenir les employés, qui possèdent d’ailleurs en moyenne 12 années d’expérience. SDK compte maintenant une soixantaine d’employés, tous réunis dans un même bureau à Montréal, un facteur qui favorise, de l’avis de la présidente, la cohésion et le sentiment d’appartenance.
 

L’entreprise en chiffres

60 : le nombre d’employés de SDK

61 : le nombre d’années d’activité de la firme

10 : le nombre d’associés 

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