Histoires d'entrepreneurs · Vendredi 30 septembre 2016

L’environnement et la santé au menu de Prana

L’histoire de Marie-Josée Richer

Marie-Josée Richer a cofondé Prana à 24 ans à son retour d’un long voyage en Asie. Ambitieuse, cette entrepreneure veut changer le monde une collation à la fois. Après avoir séduit les gens d’ici, l’entreprise montréalaise, qui se spécialise dans les produits biologiques et végétaliens sans OGM, fait maintenant sa marque aux États-Unis. 

Quand Marie-Josée Richer et son amoureux Alon Farber sont revenus d’Inde en 2005, ils ont décidé de préparer des aliments santé qu’ils distribuaient eux-mêmes dans les épiceries. Ils souhaitaient alors se créer un emploi à leur image et exercer une influence positive sur les générations futures. « On n’avait rien à perdre. On n’a pas trop réfléchi avant de se lancer. On l’a juste fait », se souvient Marie-Josée Richer.

Le choix du secteur de l’alimentation lui est venu tout naturellement. « Aujourd’hui, tout est numérique, mais dans 100 ans, on ne va pas manger des ordinateurs. Il faut éveiller la conscience collective et valoriser les mains qui nous nourrissent. La nourriture, c’est la base de la vie, notre essence », insiste l’entrepreneure, qui a rapidement senti cet appétit pour la nourriture saine.

Pour faire connaître sa marque et sa philosophie, Marie-Josée Richer a mis les bouchées doubles en travaillant sept jour sur sept et en cognant elle-même aux portes des magasins. Aujourd’hui, ses produits garnissent les étalages de plus de 4000 points de vente au Canada et génèrent un chiffre d’affaires de 35 millions de dollars. « On vend plus que des noix et des collations, on vend un mode de vie. »

« On a vraiment participé à changer le paysage de l’offre alimentaire. Qui aurait pu penser que Prana se retrouverait chez Costco? J’aime encourager les commerces indépendants, mais c’est avec un plus gros volume qu’on peut changer les choses. »

Consultez : Une culture d'entreprise qui mise sur le vert

La responsabilité sociale et environnementale : le cœur de Prana

Marie-Josée Richer choisit les produits qu’elle veut mettre en marché — des noix de coco tranchées jusqu’aux graines de chia en passant par les bananes séchées — en fonction de trois critères : la profitabilité, l’impact sur l’environnement et la responsabilité sociale. L’entreprise détient d’ailleurs une certification B-Corp, une attestation décernée à des organisations socialement durables.

Au départ, le processus de sélection des aliments était plus intuitif, mais à mesure que l’entreprise a pris de l’expansion, les enjeux se sont multipliés. « On essaie maintenant d’être rigoureux, de consulter les bases de données et de suivre les tendances de l’industrie tout en demeurant intègre en ce qui a trait à nos valeurs », explique l’entrepreneure qui avoue apprendre son métier sur le tas.

Pour s’améliorer sur le plan de la durabilité, Prana a récemment commandé une étude de cycle de vie organisationnel qui évalue les incidences sur l’environnement de toutes les sphères de l’entreprise (la production, le transport, la consommation d’énergie, l’emballage, etc.). Ensuite, un plan d’action sera élaboré pour combler les lacunes. « On peut toujours s’améliorer », souligne Marie-Josée Richer.

À la conquête des États-Unis

À l’occasion de son dixième anniversaire en 2015, Prana a traversé la frontière dans l’espoir de percer le marché états-unien. Pour comprendre ses consommateurs, elle a conclu une entente avec un courtier sur le terrain. « La concurrence est forte, et les joueurs sont nombreux. On se fraye un chemin, mais c’est plus un marathon qu’un sprint », explique Marie-Josée Richer.

Pour le moment, seulement 5 % des ventes de l’entreprise sont réalisées dans ses 2500 points de vente aux États-Unis. Voyant de belles occasions d’affaires, l’entrepreneure croit que les étiquettes Prana orneront encore plus d’allées de supermarchés dans la prochaine année.

Entre sa vie de maman et celle de chef d’entreprise en croissance, Marie-Josée Richer confie se sentir à la fois dépassée et excitée. Mais elle est convaincue que son métier d’entrepreneure lui permet de changer le monde à sa façon. « Je vais pouvoir dire que j’ai légué quelque chose de positif à mes enfants. »

Envie d’en savoir plus?

Visitez le site de Prana

Prana en chiffres (2016)

  • 65 : le nombre d’employés
  • 4000 : le nombre de points de vente au Canada
  • 2500 : le nombre de points de vente aux États-Unis
  • 35 millions : le chiffre d’affaires en dollars canadiens
  • 25 : le pourcentage de la hausse des ventes dans la dernière année

je passe à l'action

À NE PAS MANQUER