Histoires d'entrepreneurs

Cookie Bluff: l’art de réinventer la pâte à biscuits, L’histoire de Sébastien Fiset et Charles Simard

Vendredi 29 mars 2019

Cookie Bluff: l’art de réinventer la pâte à biscuits

L’histoire de Sébastien Fiset et Charles Simard

Il suffit d’une vidéo virale pour que Sébastien Fiset décide de se lancer dans la création de pâte à biscuits, même s’il lui faut tout apprendre pour réussir à mettre sur pied la première entreprise québécoise à offrir cette gourmandise inusitée.

C’est lors d’une soirée passée à naviguer sur Internet que Sébastien Fiset trouve l’idée qui l’incitera à créer sa propre entreprise. Il voit une vidéo qui circule sur Facebook et qui montre un comptoir de pâte à biscuits pris d’assaut par des adeptes de la chose à New York. Il remarque alors que beaucoup de Québécois commentent la publication et se plaignent du fait qu’ils doivent aller chez leurs voisins du Sud pour y goûter. « J’ai fait des recherches, et j’ai rapidement constaté que personne n’offrait ce type de produit ici, alors qu’il y avait un gros buzz aux États-Unis autour de ça et que la demande existait au Québec. Alors, j’ai appelé mon ami et je lui ai dit : “Charles, il faut que je te montre de quoi!” » Ce copain qui deviendra son associé dans l’aventure s’appelle Charles Simard. Mécanicien, il possède son propre garage, tandis que Sébastien Fiset est spécialiste en ressources humaines. Même sans rien connaître de l’industrie agroalimentaire, les deux amis sont convaincus du potentiel d’une entreprise offrant cette gâterie classique, qui évoque le bon vieux temps et les douceurs préparées par les mères de famille.

Sébastien Fiset décide de se rendre à New York pour voir de quoi tout cela retourne. Il attend plus de trois heures en file afin de déguster un cornet de pâte à biscuits, qui confirme son intuition : voilà un produit dont les Québécois raffoleront. De retour chez lui, Charles Simard et lui se mettent à expérimenter dans leurs cuisines, mais ils se rendent bien vite compte qu’ils doivent faire appel au Centre de développement bioalimentaire du Québec (CDBQ) afin d’effectuer une multitude de tests pour trouver la recette parfaite. En effet, le problème de la pâte à biscuits réside dans les risques d’infection à la bactérie E. coli que présente la pâte consommée crue. En laboratoire, les deux associés trouvent une solution pour la rendre sans danger et ils la déclinent en cinq versions qui font aujourd’hui la renommée de Cookie Bluff. Parmi les ingrédients qui servent à préparer les produits exquis figurent du chocolat au lait, du sirop d’érable, des bonbons arc-en-ciel et des biscuits Oreo. 

Mettre la main à la pâte pour réussir son pari

Les cofondateurs de Cookie Bluff font tout eux-mêmes dès le début, non seulement en investissant 80 000 $ de leurs propres poches pour mettre au point un produit de qualité avec le CDBQ, mais aussi en prenant part à toutes les étapes du développement de leur entreprise — de l’achat de contenants de plastique à la création d’une image de marque et d’un site Internet. Ils se lancent même dans l’aventure avant d’obtenir des réponses à leurs demandes de subvention. « Nous nous sommes fait dire non par toutes les institutions bancaires, se souvient Sébastien Fiset. Mais nous avons investi dans le projet tout ce que nous avions parce que nous y croyions, et nous avons finalement reçu de l’aide du MAPAQ et de QuébecInnove. » 

Et ils y mettent le paquet! Ils commencent à travailler sur le projet en mars 2017, et la pâte à biscuits de Cookie Bluff est lancée en épicerie à peine un an plus tard, en mai 2018. Les entrepreneurs trouvent leur premier client dans le groupe IGA des Sources, qui possède cinq franchises dans la région de Québec et pour lequel travaille le frère de Sébastien Fiset. « Quand nous leur avons présenté le produit, nous avions juste des échantillons sans emballage. Et pourtant, nous avons réussi à les convaincre. On nous avait dit que ça pourrait prendre deux à trois ans avant de voir nos produits sur les tablettes des épiceries. Ça a été chose faite en un mois. » 

Quelques mois plus tard, Cookie Bluff compte près de 1 000 points de vente au Québec et a conclu des partenariats avec des détaillants comme Sobeys, Metro et Couche-Tard. Depuis peu, on trouve aussi la pâte à biscuits de l’entreprise québécoise dans les provinces de l’Atlantique. Cookie Bluff ambitionne maintenant d’étendre ses activités partout au Canada d’ici la prochaine année en plus d’ouvrir un premier comptoir dans les Galeries de la Capitale, à Québec.

Un succès instantané qui ravit les becs sucrés

Dire que Sébastien Fiset et Charles Simard obtiennent un vif succès est un euphémisme. À peine arrivés sur les tablettes, les 4000 pots que Cookie Bluff avait prévu de vendre en trois mois s’écoulent en quatre jours. Comme la qualité de chaque produit doit être contrôlée en laboratoire, la rupture de stock dure deux semaines, le temps que l’entreprise puisse relancer ses activités. Le duo d’entrepreneurs a l’avantage de n’avoir aucune compétition directe — c’est l’une des raisons pour lesquelles il a travaillé d’arrache-pied pour créer sa propre pâte à biscuits le plus rapidement possible. « Ce qui nous distingue, explique Sébastien Fiset, c’est la façon dont nous vendons nos produits, notre vision d’entreprise et ce que nous voulons offrir aux gens. Nous voulons créer un véritable univers autour de Cookie Bluff. » 

Pour ce cofondateur de Cookie Bluff, il n’est pas forcément nécessaire de se casser la tête pour trouver une bonne idée.

« Tout a déjà été créé, mais il s’agit parfois de prendre un produit qui existe déjà et de le réinventer — et c’est vrai pour tout type de produit, dans tous les domaines d’activité, affirme-t-il. Ce que je dis souvent, c’est que, si les gens rient de ton idée et la trouvent farfelue, c’est que tu en tiens une bonne. Les plus gros acteurs du milieu agroalimentaire ont ridiculisé notre idée, mais nous leur avons prouvé que nous étions capables de la concrétiser. »
- Sébastien Fiset

Cookie Bluff en chiffres

2 : le nombre d’employés de Cookie Bluff

65 : le nombre de recettes qui ont été nécessaires à l’élaboration des pâtes à biscuits proposées

100 000 : l’investissement de départ (en dollars) qui a permis de lancer le projet

1,75 : le chiffre d’affaires en millions de dollars de Cookie Bluff à peine un an après le lancement de ses premiers produits

 

Envie d’en savoir plus?

Visitez le site Web de Cookie Bluff.

En couverture: Sébastien Fiset

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