Voir plus loin · Vendredi 30 septembre 2016

Certification B Corp : entreprendre de façon responsable

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Plus de 1800 entreprises dans le monde ont reçu la certification B Corp, une norme qui gagne tranquillement en popularité au Québec. Née aux États-Unis, cette certification indépendante est délivrée aux entreprises qui respectent un ensemble de valeurs environnementales et sociales.  

La certification B Corp a convaincu des joueurs majeurs, de Patagonia à Etsy en passant par des entreprises québécoises comme Baleco et abitibi & co, de se rallier à son étiquette. Que faut-il attendre de cette certification? Comment l’obtient-on? S’inscrira-t-elle comme une tendance chez les nouvelles générations d’entrepreneurs? Devenir entrepreneur s’est penché sur le phénomène qui prend de l’ampleur dans la Belle Province.

Un processus d’obtention laborieux

Pour recevoir la certification B Corp, une entreprise doit se soumettre à une évaluation en ligne et obtenir un pointage minimal relativement à son impact social et environnemental. Pour ce faire, ses dirigeants répondent à un questionnaire pointu qui cible différentes sphères de l’entreprise (ressources humaines, transparence, responsabilité sociale, impact environnemental, etc.). Comme pour une certification ISO ou Fairtrade, des critères doivent être remplis (plus de 80 sur 200) afin d’obtenir le label B Corp.

Pour Marie-Josée Richer, cofondatrice de Prana, les démarches se sont étirées sur deux mois, mais lui ont permis de se pencher sur des questions pertinentes concernant les valeurs de son entreprise. « Tout est analysé : les consommateurs, les partenaires d’affaires, les employés, les producteurs et les fournisseurs. On évalue la chaîne de l’entreprise dans son entièreté. Ça permet de se poser les vraies questions et de créer de la valeur. Après tout, on se lance en affaires pour changer le monde », soutient-elle.

Si l’entreprise obtient le pointage minimal requis après avoir répondu aux 200 questions, elle reçoit alors la certification B Corp délivrée par le B Lab canadien, dont elle s’engage à respecter les exigences. Les frais de participation au programme varient en fonction des revenus de la compagnie.  

Consultez aussi : L’étiquette, la solution anti-gaspillage

B Corp : entre impact social et profit

La certification récompense les sociétés qui marient réussite en affaire et responsabilité sociale. Son but? Permettre aux entreprises d’avoir un effet positif sur la société tout en veillant à leur rentabilité. La démarche doit allier pérennité financière et durabilité sociale.

« La jeune génération veut être motivée par une mission sociale qui va de pair avec la profitabilité des entreprises. »

— Marie-Josée Richer

Avec la certification B Corp, la compagnie évolue au cœur de sa communauté et laisse les choses dans un meilleur état qu’elle ne les a trouvées. L’empreinte écologique est au cœur de l’initiative.

Quantifier l’amélioration

Au sein de l’entreprise, la certification B Corp permet de nourrir une réflexion et d’améliorer les processus. Elle est loin d’incarner une menace pour la souveraineté de l’entrepreneur ou de freiner l’innovation. Pour Vincent Fortin-Laurin de Republik, agence montréalaise de marketing de contenu, la certification B Corp agit comme un vecteur de changement positif. « L’agence a grandi et elle évolue en accord avec nos valeurs, qui s’inscrivent dans cette démarche de développement durable », explique-t-il.

Vincent Fortin-Laurin et Jean-Philippe Shoiry de l'agence Republik

Première agence au Québec à avoir obtenu la certification B Corp, Republik utilise de l’équipement recyclé (mobilier, papier et encre d’impression, matériel informatique). De plus, ses dirigeants Vincent Fortin-Laurin et Jean-Philippe Shoiry ont choisi de consacrer 5 % des heures facturables de l’entreprise à des fondations ou à des OBNL, ce qui représente plus de 500 heures de services pro bono. La direction de l’agence alloue à chacun de ses employés un budget annuel de 300 dollars pour défrayer ses déplacements à l’aide de modes de transport écologiques, comme Téo taxi.

« Dans notre lettre d’embauche, nous indiquons à nos futurs employés le nombre d’heures de travail pro bono. Nos fournisseurs, eux, doivent répondre à de nombreux critères : avoir un siège canadien et une politique environnementale. B Corp, c’est plus qu’une simple certification. C’est une ligne directrice pour mieux faire des affaires », explique Vincent Fortin-Laurin.

Au Québec, la responsabilité sociale de l’entrepreneur connaît un nouveau souffle. La certification B Corp incarne cette nouvelle tendance  au sein d’une jeune génération entrepreneuriale en quête de sens, pour qui les principes sont érigés en plan d’affaires.

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