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Keatext : l’IA pour répondre aux besoins des entreprises, L’histoire de Narjès Boufaden

Keatext : l’IA pour répondre aux besoins des entreprises

L’histoire de Narjès Boufaden

C’est en travaillant en tant que chercheuse en intelligence artificielle (IA) que Narjès Boufaden a décidé de plonger dans le monde de l’entrepreneuriat en créant Keatext en 2010. Portrait d’une entrepreneure qui s’efforce de bâtir des ponts entre la recherche et le monde des affaires. 

Aussi loin qu’elle se rappelle, Narjès Boufaden a toujours eu un intérêt pour les robots et la science-fiction. Cette spécialiste en analyse de textes conversationnels cumule les diplômes universitaires. En terminant son deuxième postdoctorat au Centre de recherche informatique de Montréal (CRIM), elle a un déclic. Elle prend conscience du vaste éventail des occasions d’affaires qu’offre l’intelligence artificielle. « J’ai décidé de lancer mon entreprise, car il y avait un besoin, explique l’entrepreneure. Je voulais partir une division sur la structuration de l’information. » 

Au départ, Narjès Boufaden mise sur un service professionnel qu’elle propose à des entreprises et à d’autres clients, comme le Registre foncier du Québec. En 2012, Keatext met au point pour ce dernier une solution qui comprend et décortique tous les actes notariés dans le but d’en éliminer l’analyse manuelle. « Aujourd’hui, le système est capable d’analyser 60 % des documents déposés chez les notaires du Québec. Le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles est le seul à utiliser l’intelligence artificielle de manière aussi avant-gardiste », estime Narjès Boufaden.

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Seulement quelques semaines après avoir troqué son sarrau contre une chemise d’entrepreneure, Narjès Boufaden fait appel à un mentor, Jean-Marc Rousseau. « Se tourner vers le mentorat, ce n’est pas une recommandation, mais un incontournable! », affirme-t-elle. Avec l’aide de son mentor, elle définit les objectifs de Keatext et pave la voie du succès de l’entreprise.

M. Rousseau l’accompagne également lorsqu’elle décide, en 2014, de faire évoluer le modèle d’affaires de Keatext. Ensemble, ils créent un comité consultatif auquel Narjès Boufaden expose sa nouvelle vision pour l’entreprise : passer du modèle de fournisseur de services à celui de logiciel-service (Software as a service, ou SaaS). En effet, l’entrepreneure souhaite créer un produit capable d’analyser tous les commentaires des consommateurs pour permettre aux entreprises d’améliorer leur relation client.

Mais Narjès Boufaden sent qu’elle ne pourra pas soutenir ce changement de direction seule. On lui présente alors Charles-Olivier Simard, un amoureux des entreprises en démarrage, qui devient directeur de la technologie de Keatext et partenaire d’affaires de Narjès Boufaden en 2015. « Les astres se sont alignés pour nous permettre d’atteindre notre but », lance l’entrepreneure.

Croître et éduquer

Narjès Boufaden admet volontiers que le métier d’entrepreneure est parfois essoufflant, surtout quand il faut constamment éduquer les clients sur ce qu’est l’intelligence artificielle. « Quand on a un produit issu de l’IA, on développe une technologie disruptive, explique-t-elle, et ça induit un changement de paradigme. On doit donc expliquer au client comment ça peut lui rapporter ou même créer un besoin dans le marché. » Malgré tout, Narjès Boufaden et son partenaire continuent de foncer. Et, même si de nombreux joueurs ont fait leur apparition dans le marché depuis 2010, Keatext réussit à bien tirer son épingle du jeu, grâce à des clients prestigieux comme Bombardier Produits Récréatifs, Vidéotron et la NASA. 

À l’hiver 2018, Narjès Boufaden et son partenaire ont bouclé leur troisième ronde de financement, qui leur permettra d’assurer la croissance de l’entreprise. Le logiciel Keatext qui collige, analyse et croise les commentaires laissés par les consommateur évoluera pour devenir une plateforme de recommandations. « On sera en mesure de fournir des prédictions à nos clients », prévoit Narjès Boufaden, qui aimerait également franchir le cap des 100 employés d’ici trois ans.

S’intéresser aux robots ne signifie pas négliger les humains. Au contraire, l’entrepreneure est fière d’avoir créé une entreprise technologique et d’exercer un leadership féminin inclusif qui mise sur ses employés. « Comme femme, j’ai un souci constant de la famille et je suis contente d’avoir pu créer une culture d’entreprise qui favorise le bien-être de mes employés. La preuve : seulement deux personnes ont quitté l’entreprise depuis 2011 », lance fièrement l’entrepreneure.

Keatext en chiffres :

  • : le nombre de rondes de financement menées par Keatext
  • 20 : le nombre d’employés de Keatext
  • 65 : le pourcentage de la rétroaction client qui se fait de manière textuelle

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Crédits photo : Myriam Baril-Tessier

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